The Alienist : naturaliste et précieux

Il semblerait que la critique américaine n’ait guère apprécié les dix épisodes de The Alienist. Il faut croire que nous n’avons pas dû regarder la même série, car à n’en pas douter, nous sommes tombés accros, et cela dés le premier épisode. Autant vous dire que l’attente fut cruelle, d’un chapitre à l’autre de cette saga inspirée du roman culte de Caleb Carr (qui est du reste intervenu dans la production). Et pour cause : derrière l’intrigue policière, c’est l’exploration des personnages qui fait tout le prix de ce récit.

Conforme au roman, le scénario interroge les fondements complexes de la criminologie moderne, en mettant en présence des personnages hors normes dans ce New York ultra conformiste et violent, où la haute bourgeoisie côtoie la misère la plus noire. Derrière le médecin et aliéniste Laslo Kreizler (saisissant Daniel Brühl qui confirme ici son sens des nuances, son talent d’interprète) nous retrouvons Sarah Howard, féministe avant l’heure, John Moore, les frères Isaacson, Theodore Roosevelt …

Tous vont devoir faire front afin de pister un tueur en série insaisissable, qui s’en prend avec la plus grande cruauté à des jeunes prostitués travestis. Pour parvenir à coincer cet assassin, il va falloir contre-carrer la police qui visiblement n’a que faire des nuances, tout en jonglant avec ses propres affects, ses fantômes, ses peurs. C’est tout l’intérêt du livre et de la série, ici tournée en décors naturels ou presque, dans une débauche de costumes et d’accessoires qui apportent une touche naturaliste des plus précieuses.

Le suspens est palpable, la violence concrète, le travail de Kreizler et ses compagnons improbable et nécessaire. La remise en question de chacun en dit long sur le travail personnel à fournir pour devenir un enquêteur digne de ce nom : on ne plonge pas dans les méandres d’un esprit assassin sans y laisser quelques plumes. D’aucuns ont du reste comparé The Alienist avec Minhunter, pour démontrer le caractère visionnaire de ces détectives d’un autre genre.

C’est oublier qu’à la fin du XIXeme siècle, la psychiatrie est balbutiante, et qu’en plus de défricher ces terres inconnues, il faut inventer toutes les techniques à venir de la science médico-légale, ce qui rapprocherait ici The Alienist de la série Murdoch, qui met l’accent sur la mise en application des avancées technologiques des années 1890 dans le domaine policier. Bref, The Alienist fait honneur au roman qui l’inspire, et l’on souhaite ardemment que la suite soit également adaptée, tout en priant pour qu’un jour Caleb Carr reprenne la plume et poursuive les aventures de ses héros.

Et plus si affinités

http://www.tntdrama.com/shows/the-alienist

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