La Succession – Jean-Paul Dubois : M’en fous du bonheur …

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Après cinq ans de silence Jean-Paul Dubois revient en cette rentrée littéraire avec La Succession, qui explore le thème de la famille, de l’héritage familial. Une œuvre qui jamais ne choisit entre la légèreté d’une journée ensoleillée et la gravité des tragédies familiales.

Cela fait maintenant quelques années que Paul Katrakilis s’est réfugié à Miami, loin de sa Toulouse natale peuplée de trop nombreux suicides familiaux. Sous le soleil de la Floride, il vend ses talents de joueur de pelote basque – la cesta punta – à une boîte de paris sportifs. Un emploi qui lui rapporte bien moins que sa formation initiale de médecin mais qui fait son relatif bonheur. Mais lorsque le consulat de France l’appelle pour lui annoncer la mort de son père (retrouvé écrasé, au pied d’un immeuble de huit étages, le visage emmailloté de ruban adhésif, mâchoire et lunettes scotchées), Paul se résigne à retourner en France et y affronter bon nombre de fantômes.

Étrange famille que les Katrakilis, qui se résume un peu trop facilement « à l’acceptation silencieuse de ces artefacts généalogiques, ces ascendances tacitement détourés ». Hormis l’histoire – survendue et un brin mytho – du grand-père Spyridon, médecin de Staline qui a fui autrefois l’URSS avec dans les bagages une lamelle du cerveau du dictateur, que sait-on vraiment des autres membres ? De ce père qui aime à recevoir ses patients en slip, de cette mère qui ne se sépare jamais de son frère ?

« Un jour, tu finiras par prendre ma succession » avait prédit Kratakilis père à son fils dans un dernier message daté de 1983 avant la fuite de ce dernier vers les States. Effectivement la succession a bien lieu à la mort du patriarche mais « trop malade de lui-même pour espérer soigner les autres », perturbé d’apprendre que son père accompagnait ses patients condamnés vers la mort, Paul retourne en Floride. Pour tenter d’y séduire à nouveau son ex-amie, plantureuse suédoise ; pour y savourer les matchs de pelote basque ; pour y sentir sur la peau les bienfaits de la peau, mais le mal familial le rattrape : la vie vaut-elle le coup d’être vécue, après tout ?

Sur la corde raide, entre légèreté et gravité, Jean-Paul Dubois signe avec La succession une chronique intimiste et désabusée avec un de ces antihéros totalement inapte au bonheur dont il a le secret. On y retrouve intacts l’élégance, le goût pour l’absurde chers à l’auteur et la liste de ses obsessions, tous ces ingrédients qui ont fait le succès de l’auteur, dont Une vie française avait remporté les Prix du roman Fnac et Femina en 2004.

Et plus si affinités

http://www.editionsdelolivier.fr/catalogue/9782823610253-la-succession

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