Speedlines mangas à Marsatac 2012 : Orelsan shonen rappeur ou otaku hip hop ?

Eh oui, Marsatac 2012 a été placé sous le signe du big bang culturel dés les premières secondes de mon arrivée. A peine débarquée sur festoche, j’assistais aux balances d’un certain Orelsan, l’enfant prodige de la nouvelle vague hip hop hexagonale, dont nous avions chroniqué le concert à Montpellier il y a quelques mois.

Voilà bien quatre jours que nous préparions nos questions en prévision d’une conf de presse que j’appréhendais pas mal, vu que je entrave rien de rien au hip hop. Merci Armand donc de m’avoir filé des questions en pagaille sur le futur album, la complicité avec les autres rappeurs venus jouer sur les clips du monsieur, … etc. Questions que du reste les autres journalistes posèrent donc on était bien dans le ton. Et un petit cadeau Bonux.

Orelsan = Orel diminutif d’Aurélien, prénom de notre chanteur + san « suffixe de cordialité commune pour les personnes à qui l’on s’adresse oralement » merci Wikipédia. Et voilà : notre rappeur primé aux Victoires de la Musique, vilipendé pour son brûlot «Sale pute », dépoussiéreur des poncifs du rap, est un grand amateur de mangas. De là à se demander si la jap culture n’a pas un peu influencé son approche il n’y a qu’un pas, que j’ai franchi d’un bond en l’abordant au sortir de la conf de presse.

Et là confirmation : le monsieur s’inspire des mangas dans ses clips, dans ses thématiques, dans le façonnage de son anti héros directement pétri par les shonen, et leur côté initiatique. Un jeune héros donc qui se frotte au monde, l’observe, le critique, tente de le sauver sans grand succès du reste. Ironique, mordant, candide parfois. L’univers de la fable, du conte n’est pas loin, mêlé aux flux médiatiques.

Et la logique manga d’intervenir jusque dans certains refrains, certaines tournures un peu idiotes, répétées en boucle comme dans les BD nippones. Bref Orelsan plussoie, on se dit « Au revoir », je sors, décroche le portable : « Allo Chris ? mon p’tit otaku, tu vas avoir du taff ! » Et j’explique la chose à notre mangalover, lui demandant de jeter un coup d’œil à tout hasard. Une heure plus tard, alors que je passe de concert en concert, Chris Raspail épluche la discographie d’Orelsan. La pêche a été fructueuse.

Explications du principal intéressé.

D.N.

Une nuit sombre et tranquille du week-end dernier, un appel est survenu. Apercevant le nom de notre rédactrice en chef adorée, je décroche et n’en crois pas mes oreilles. Alors qu’elle débute Marsatac, elle vient de rencontrer un musicien qui utiliserait les mangas dans ses œuvres ; il serait rappeur.

Le rap français est devenu ma Némésis il y a plusieurs années lorsque j’ai constaté les stagnations de ce style musical. C’est donc d’une main tremblante que j’envisage mes recherches sur le dénommé OrelSan. Cependant, je finis par me dire « Oh et puis merde, je suis un ARTchemist, nous sommes ouverts à toutes formes de cultures ». Et mes aïeux, je n’ai pas été déçu car en quelques heures, j’ai découvert qu’il y avait encore des artistes capables d’innover dans ce que je considérais comme les tréfonds de la musique, et je me suis mis à voir le rap sous un nouvel angle. Et c’est parti pour une exploration du style OrelSan.

Mais qui est donc ce monsieur me direz-vous ? Avant de se faire remarquer auprès du label 3e bureau en 2008, le jeune OrelSan rappait déjà depuis environ six ans, dont deux années où il commença à utiliser la plateforme Youtube afin de se faire connaître.  En 2011, sort son second album Le chant des sirènes pour lequel il finira par obtenir un disque de platine en 2012 ; une récompense méritée pour ce jeune chanteur ainsi que de son groupe sans qui il ne serait assurément pas là.

Ses musiques sont emplies d’influences venant des Héros et des Anti-Héros. Les paroles de ses chansons le mettent généralement en avant comme une sorte d’Anti-Héros, au langage parfois dur voir brutal envers la populace, mais toujours objectif et dénonçant certains méfaits de la société comme le veut la tradition du rap. Cependant côté visuels, via certains de ses clips, il est généralement vêtu comme un héros de manga et plus particulièrement de Shonen. Par exemple, dans le clip de sa chanson « Ils sont cool », lui et Gringe se retrouvent avec des tenues des chevaliers du zodiaque pendant presque toute la chanson ; jusqu’à ce qu’ils fusionnent en forme de clin d’œil à Dragon Ball.

On trouve un second clin d’œil manga, cette fois ci pour Doubt, un Seinen, qu’on retrouve dans un de ses concerts et dans son clip « La terre est ronde » : un masque de lapin albinos. Un autre clin d’œil, pour les comics cette fois ci, dans les clips « La terre est ronde » et « RaelSan » : un masque noir basique cachant simplement les yeux. Ce masque me fait aussi penser à la Série TV Hero Corp de Simon Astier. Un clin d’œil englobant les comics et les mangas futuristes se retrouve aussi dans le clip « Plus rien ne m’étonne » avec l’utilisation par son personnage d’une technologie très avancée pour notre époque.

Enfin un dernier clin d’œil dans son clip « RaelSan », un tic nerveux d’anti héros, qui personnellement me fait penser à celui d’Harry Potter provoqué par son ennemi juré.

  En résumé, OrelSan est tout ce qu’on peut espérer d’une étincelle culturelle : il innove dans sa branche, fonce malgré la peur au ventre dans son métier et il est fier de son art. Sera-t-il le déclencheur d’une évolution dans ce style musical en France ? Personnellement je l’espère et j’ai hâte de voir la suite.

Et plus si affinités

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