Solidays 2013 / Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence : les cornettes du cœur !

Dans le premier opus des Chroniques de San Francisco, le héros Michael Tolliver, un soir de Halloween en goguette, manque de se faire renverser au tournant d’une rue de Castro Street.  De se faire renverser par des nonnes. Des nonnes à barbe et à roulettes.

Pas commun de rencontrer des travestis en bonne sœur et circulant en roller ? Ce ne serait pourtant pas pour faire peur aux Sœurs de la Perpétuelle Indulgence qui vont quand même sillonner les 17 hectares des Solidays du haut de leurs talons aiguilles, arborant coiffes, voiles, robes et maquillage sous un soleil d’été (enfin !) qui en aurait décourager plus d’un. Objectif de la manœuvre : informer, sensibiliser, rencontrer, faire rire, écouter, calmer, encourager … Pas des psys ni des abbesses, beaucoup des gardiennes du corps, du cœur et de l’esprit, ces messieurs/dames ont fait serment de protéger et secourir. Sans juger. Jamais. Mais avec toujours beaucoup d’humour.

Et il n’y a pas qu’aux Solidays qu’elles agissent, s’éparpillant « comme une trainée de paillettes » au travers du monde, couvent après couvent, pays après pays, pour soulager, épauler, dénoncer aussi dans un éclat de rire où souvent perle une larme vite essuyée. Par pudeur, par fierté. Missionnaires sans conteste, jusque sur les planches des théâtre où elles scandent leur grande messe entre répliques salées, danses carnavalesques et vérités bien senties : l’hommage aux homos et lesbiennes déportés et exterminés par les nazis (les grands oubliés de la Shoah), le nombre élevé de suicides parmi de jeunes homos murés dans le silence, mis à la rue par des familles intolérantes, les pratiques à risques chez les toxicos, l’homophobie rampante qui chaque jour fait des victimes, …

Apologues vivants, elles dressent le tableau de l’exclusion pour mieux l’éradique. Tout y passe, sans pitié. Vibrantes d’indignation, les Sœurs, et ça sent son vécu. Et un sacré courage en prime, dont elles font montre aussi bien sur le terrain que dans les manifs, s’interposant très souvent face aux charges policières ou extrémistes. Avec succès. Car ces personnages colorés qui déploient leurs coiffes comme des ailes protectrices impressionnent. Par leur allure, leur caractère théâtral, leur présence. Leur conviction. Leur foi.

Nous avons profité des Solidays pour rencontrer Sœur Rose de Paname. Suivie d’une novice en pleine formation de terrain, Sœur Rose nous a expliqué le principe des Sœurs, leur mode de vie, leur action. Une sacrée belle rencontre !

Merci, merci, merci à vous, Sœur rose, et à vos petites camarades, les filles, un pur bonheur !

 

Et plus si affinités

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