Série « Ill Behaviour » : tu vas la faire, ta chimio ???

Ah voilà une série qu’elle est super bonne ! Ironique, mordante, politiquement incorrecte, barrée … comme seuls les anglais savent en pondre au finish ! Et sans perdre leur élégance ni leur pertinence. Et pour le coup, c’était pas gagné vu le sujet traité.

Chimio contrainte et forcée

Pitchons un brin l’intrigue, shall we ? Charlie, Joel et Tess se connaissent depuis l’école. Habituellement, c’est Charlie l’esprit pondéré de la bande … sauf que Charlie a décidé de traiter son cancer en mode médecine parallèle, à coup de tisanes et jus de fruits. Et il l’annonce à Joel. Joel, l’ado attardé du trio … qui saisit immédiatement le danger de la situation et décide d’y remédier en imposant à son pote la chimio à laquelle il refuse de se soumettre.

Et pour y parvenir, il le kidnappe et le séquestre dans un manoir paumé au milieu la cambrousse britannique, avec l’aide de Tess et d’une oncologue alcoolique et paumée, qu’il a rencontrée via Tinder et qui supervise les séances de soins contre du fric qu’elle dilapide en fiestas. Dans pareilles conditions, et avec des zozos de cette trempe, vous vous doutez bien que les trois mois de traitement ne vont pas se jouer sur du velours.

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Jouer sa vie sur un lavement

Découpé en trois épisodes d’une heure chacun, Ill Behaviour est mené tambour battant par l’auteur Sam Bain et le réal Steve Bendelack pour nous conter une comédie moderne grinçante et politiquement incorrecte sur les dérives new age du temps, la solitude insondable des êtres, le besoin de protéger autrui peu importe les conséquences. Et la rapidité express avec laquelle on passe du statut de sauveur à celui de bourreau.

C’est drôle bien sûr, férocement, surprenant à chaque seconde, émotionnellement complexe, truffé de gags et de questionnement : que ferions-nous si nous étions à la place de Joel et Tess, face à un Charlie récalcitrant qui joue sa vie sur un lavement ? Rien probablement ? Joel, lui, fonce, et fiche tout en l’air sur son passage, arbalète dans une main, console de jeu dans l’autre. De plus en plus dingue, refusant d’être raisonnable, embourbé dans une situation qui lui échappe.

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Ce qui nous vaut trois heures de rires, une chute assez mémorable, dénuée de morale et c’est tant mieux, et la conviction que nos cousins anglais savent y faire, depuis Petits Meurtres entre amis jusqu’à The Black Adder en passant par Monty Python, Creatures Comforts, Train Spotting ou The Young doctor’s notebook, dés qu’il s’agit de sortir des sentiers battus narratifs pour exploiter des thématiques borderline avec juste ce qu’il faut de délire et de mauvais goût pour que cela soit savoureux.

Et plus si affinités

https://www.arte.tv/fr/videos/RC-019800/ill-behaviour/