Rock’n’roll animals : en quel instant devient-on une star du rock ?

NME, Sounds, Smash Hits, Q, More, … je vous passe le reste : la liste est longue des magazines auxquels David Hepworth a contribué, les alimentant de chroniques rock acérées depuis l’aube des années 80. Une référence en la matière donc, un fin connaisseur et un regard pénétrant qui depuis un demi siècle cherche à décrypter les arcanes d’un genre qui ne souffre aucune tentative de définition précise.

Car définir, c’est mourir un peu ? Force est de constater que depuis la fin des 90’s, le rock peine à se renouveler, pleurant ces stars foudroyées en plein vol ou simplement converties aux joies sereines et pour le moins chiatiques d’une vie rangée. Que sont nos idoles devenues ? Qu’est-ce qui a fait l’éclat aveuglant de ces demi dieux s’arrogeant la scène avec l’arrogance de jeunes titans défoncés et radieux ? C’est le pitch du saisissant Rock’n’roll animals, paru chez les spécialistes de RivagesRouge.

Il fallait au moins ça pour mettre en exergue les quarante et un chapitres qui composent cette saga où se croisent les Beatles, Janis Joplin, Kurt Kobain, Elvis Presley, Little Richard, Black Sabbath, Queen et j’en passe … Au cœur du process de mémoire : à quel moment ont-ils basculé du statut de pauvre humain anonyme à celui d’animal rock’n’roll, de star, de divinité intouchable, contribuant en cela à la légende qui entoure cet univers artistique mutant, magique et redoutable ?

Hepworth connaît suffisamment le milieu pour ne pas apporter de réponse précise à ce qui relève du mythique, du métaphysique, du thaumaturgique … et du tragique. Car dans toutes ces anecdotes, ces épisodes chronologiquement narrés comme les péripéties d’une geste chevaleresque, les destins funestes abondent, qui parachèvent la légende sombre du rock et lui prêtent une aura presque biblique.

Le King terrassé à genoux dans ses toilettes, Kobain suicidé, Buddy Holly décédé dans un accident d’avion … Hepworth réfléchit à ces disparitions comme l’élément incontournable du grand drame shakespearien que fut le rock’n’ roll dans ses grandes heures. Étrangement il évacue les excès punk évoqués très rapidement pour s’arrêter sur un aspect plus prosaïque mais néanmoins essentiel : le flair.

Celui de Ozborne et ses comparses quand ils choisirent leur nom de scène au fronton d’un cinéma, celui du premier guitar hero, celui de Dylan tissant sa mythologie … Ian Dury, Lou Reed, David Bowie … En contextualisant leur émergence, Hepworth donne à voir ce sens incroyable des circonstances qui les propulsa au firmament de la gloire. Aucun jamais n’en redescendit.

Et plus si affinités

https://www.payot-rivages.fr/rivages/livre/rocknroll-animals-9782743645328

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