Rock and rise the Hollywood Vampires !

On n’allait pas les caler en trouvaille, cela aurait tenu de l’injure, du blasphème, même si, reconnaissons-le, les membres de Hollywood Vampires ont su rester très jeunes dans leurs têtes. Et quels membres ! Alice Cooper, Johnny Depp et Joe Perry qui ont fait alliance autour d’une cuite commune pour ramener d’entre les morts les mythiques Hollywood Vampires via des albums qui n’en jette et des concerts qui n’en jettent aussi !

Sorti avec l’été 2019, Rise ranime définitivement un cadavre légendaire remis sous dialyse en 2015 avec une première galette éponyme, à savoir le club de soiffards invétérés que Cooper formait avec John Lennon, Ringo Starr, Keith Moon, Micky Dolenz et consort dans ce temps béni que furent les 70’s. On imagine l’ambiance dans le bar quand tout ce petit monde se retrouvait. Las, la Faucheuse est passée par là, bousillant une partie de ces grognards du rock à coup de flingue, shooteuse et autres excès.

Cooper et Perry en ont réchappé, on se demande encore comment. La faute à plein de chance ? Et c’est encore au fond d’un bar qu’ils décidèrent avec leur pote de boutanche Johnny Depp de rendre hommage aux mannes de ces grands disparus via un combo baptisé du nom du défunt Hollywood Vampires. Avec nos trois gus en vaisseau amiral auquel viennent se greffer le temps d’un bœuf des pointures comme Dave Grohl, Marilyn Manson, GunsN’Roses … ou Christopher Lee (grand amateur de métal à ses heures, qui a depuis rejoint le paradis draculesque).

Objectif de la manœuvre : faire du rock à coup de grosses grattes saturées, bien se marrer, se biturer en musique, réveille le guitar hero qui sommeille en soi, et rappeler à tous ces jeunes cons arrogants qu’ils ne seraient pas grand-chose si ces grands hommes n’avaient pas un jour foutu un grand coup de latte dans les conventions pour bâtir de véritables légendes. Le tout avec gloire, fierté, un brin de nostalgie quand même – « You can’t put your arms around a memory » – et un grand ouf de soulagement d’être encore là, de pouvoir s’éclater à jouer la musique qu’on aime, sans avoir de compte à rendre à personne.

L’heure de la maturité ? La sagesse enfin ? Le lâcher prise libérateur ? Une petite poire pour la soif quand même, parce que ça fait un peu de sous quand même, cette histoire ? Allez savoir. Le talent pour sûr est toujours là, affranchi des obligations du marché, porté par la vague vintage, notre besoin à tous de revenir en arrière, de sacraliser les années d’avant. Un petit miracle. Ces mythes, en montant sur scène pour nous jouer leur ritournelle, soudain redeviennent des mecs, simplement pour se faire plaisir, et nous emmener avec eux.

Ils en profitent au passage, et sans même s’en rendre compte, quoiqu’avec un gars comme Cooper, tout est possible, pour continuer d’écrire tranquillou l’Histoire, de la relire au besoin et de crier « On est toujours là, les mecs » dixit la très touchante et énergique reprise de « My generation » des The Who sur le 1er album … qui pourrait parler à pas mal de quidams qui font en ce moment le coup de poing de par le monde contre les pouvoirs en place. Passation de pouvoir, la rébellion encore et toujours, en héritage, et comme une forme de purification des systèmes quand ils deviennent écrasants dans leurs exigences de rendement, leur injonction d’obéissance aveugle.

Bref que vous aimiez le rock ou pas, écoutez Hollywood Vampires et Rise, pour vous faire plaisir certes, revoir vos classiques, et pour comprendre une fois de plus que le rock des 70’s a tout transformé, tout, il fut le fruit de ces temps de rage, il en a porté l’avenir, et il est désormais inscrit dans notre patrimoine commun. Et faites confiance aux Hollywood Vampires pour nous le rappeler à chaque manquement.

Et plus si affinités

https://www.hollywoodvampires.com/

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