Rétrospective Lelouch à l’Institut Lumière : le révélateur de l essentiel

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Souvent décrié, pas toujours apprécié, Claude Lelouch est pourtant sans prétention à l’affiche de l‘Institut Lumière pour une rétrospective inédite qui lui est dédiée. Rue du premier film, là où la merveilleuse aventure du cinéma a commencé et où les plus grands sont passés, c’est un homme humble et aimant qui va discuter avec son public. Bien loin d’un cours de cinéma, d’une autobiographie, Claude va parler simplement de la vie, de son parcours, de ses hasards et de sa philosophie du bonheur.

Pour cette soirée d’ouverture, l’Institut Lumière a choisi de projeter Un Homme qui me plaît sorti en 1969. Film peu connu sans doute, où l’on suit une actrice et un compositeur dans une folle aventure américaine. Tout y est, la caméra qui tourne, la musique qui vous prend aux tripes, les dialogues sur les relations humaines, le sentiment amoureux, l’improvisation, l’Humain. Recette lelouchienne si prévisible mais pourtant difficilement reproductible. Ce film ne serait évidemment pas aussi beau sans Belmondo et Girardot, mais c’est là aussi le génie du metteur en scène : trouver l’acteur pour le rôle et faire en sorte que ça fonctionne. Le spectateur vit cette histoire, interdite, sincère et sans happy end avec plaisir et émotion.

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Metteur en scène, sans formation et bien loin de ses contemporains de la Nouvelle Vague il ne fut pas beaucoup apprécié de la critique. Cependant la seule opinion qui semble lui importer c’est celle de son public. On se souvient de ses plus grands films, Un Homme une femme, Les Uns et les autres, Edith et Marcel, Itinéraire d un enfant gâté, La Belle Histoire, pour n’en citer que quelques uns. Un réalisateur qui « fait toujours le même film » parce qu’il n’aura sans doute jamais épuisé le mystère des relations entre homme et femme. Il explique l’importance de la musique au cinéma, il décrit cette dernière comme un procédé faisant ressortir l’irrationnel du spectateur.

Idéaliste et accessible, ce grand monsieur raconte avec humour ses déjeuners avec Brel ou Ventura. Cela a l’air si simple qu on a aussi l impression que ce sont nos vieux copains. Homme d avenir, Claude Lelouch parle aussi de transmission, de faire vivre le 7eme art de demain en ouvrant un atelier de cinéma à Beaune. Loin du cadre strict d une école de traditionnelle, l’endroit invitera un grand metteur en scène et 13 élèves pour monter un film ensemble et apprendre « dans la vraie vie ».

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Bercée par les films de Lelouch depuis ma tendre enfance je pensais avoir vécu ce qu on appelle « le coup de foudre » quand j’ai visionné Un Homme une femme la première fois. C’est évidemment pour Trintignant que mon rythme cardiaque s’est accéléré et j’ai été envahie par l émotion en voyant la mustang blanche sur la plage de Deauville. Cependant après cette soirée de rencontre à l Institut Lumière, en entendant Claude Lelouch parler de l existence, j’ai ressenti tout ce que son cinéma peut faire passer comme sentiments. Il est l’acteur invisible, le protagoniste principal de ses films, nous a livré ses secrets, ses ressentis et son amour pour la vie. C était un nouveau coup de foudre, merci Claude !

Et plus si affinités

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