Reflet d’artiste / Pumpkin : « Mad’moiselle » brise le « Silence radio »

Nous sommes dimanche après midi, le Printemps de Bourges est en train de boucler, mais voici belle lurette que Pumpkin a remballé pour partir sous d’autres cieux.

Pumpkin ? C’est cette demoiselle brune au profil décidé, dont les lunettes cachent des yeux brillants et décidés, et qui m’attend de pied ferme à la station Lamarck-Caulaincourt où nous nous retrouvons une semaine avant son départ pour la transhumance rock. Sauf que la demoiselle n’a rien d’un mouton loin s’en faut. C’est plutôt une jolie louve qui va débouler sur la scène du 22 ouest, ouvrant le bal des Inouïs hip hop dont elle est l’une des lauréats Ile de France. Un mix entre la très intelligente et débrouillarde Véra de Scoubidou et la grecque égérie de Mikis Téodorakis, Maria Farentouri qui chantera la révolte face à la junte militaire envahissant le Péloponnèse.

Née à Brest de parents niçois d’un côté, espagnol de l’autre, Cécile hérite d’une latinité énergique et solaire qui se traduit par l’élan, la passion et l’action. Une révoltée prête à tout casser ? Que nenni ! La jeune auteur inspirée par MC Soolar (elle connaît tous les albums par cœur)choppe son surnom coloré lors d’un voyage scolaire en contrée anglo-saxonne dans une famille grande consommatrice de citrouille, pour plus tard partir faire ses armes musicales à Barcelone (merci Erasmus) et ne plus stopper depuis. Ecrivant inlassablement son affirmation en marche, elle chante la conquête de son indépendance de femme et d’artiste, dixit ce petit bijou intitulé « Mad’moiselle » :

Un rap franc du collier, féminin pourtant, volontaire mais frais et léger, poétique en diable, séduisant et doux par instant, beaucoup carré ensuite. Si elle ne mâche pas ses mots qu’elle balance comme autant de gifles, Pumpkin sait le faire sans agressivité avec une grâce sans pareille, enchaînant les textes comme autant de pages d’un journal intime, où elle conte par le menu ses avancées sur la dure route du rap et de la carrière musicale, cf « Silence radio » :

Un silence radio qu’elle s’ingénie à rompre depuis des années et une foultitude de concerts/collaborations/EP, montant Mentalow avec Vin’s da Cuero pour cristalliser l’activité et vraiment produire : Le vernissage Collector, L’année en décembre, Ainsi de suite, Silence Radio, Winter stories, … L’espoir ça va un temps, à un moment il convient de foncer, avant qu’il ne soit trop tard. Outre les productions, les vidéos, un site, un bandcmap, un mixcloud, un soundcloud, le binôme ajoute « Bring your own music », une émission radio sur un concept pour le coup original : « Un invité, un diner, 4 morceaux de musique, des anecdotes = Bring Your Own Music. »

Cette philosophie de l’action paye, avec ce départ pour Bourges 2013, dans la ferme intention d’y trouver les professionnels idoines pour s’entourer convenablement et passer le cap de la professionnalisation. Une stratégie établie en amont ainsi que Pumpkin me l’explique en sirotant un Coca à la terrasse d’un café parisien, entre les bruits de voitures et les cris d’enfants de la capitale, d’une voix pourtant claire et audible, peu encline à se taire et qu’on est parti pour entendre longtemps :

Rencontre avec Pumpkin by Delfromtheartchemists on Mixcloud

Merci à Pumpkin pour ses réponses ainsi qu’à Morgane qui a initié cette rencontre.


Et plus si affinités

http://mentalow.com/index.html

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