(Re)connaissance : 9eme édition du concours de danse grenoblois

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Le week-end du vendredi 24 et samedi 25 novembre, le concours de danse (Re)connaissance organisé par le centre de développement chorégraphique du Pacifique (Grenoble) fêtera sa 9ème édition à La Rampe d’Échirolles. Un rendez-vous important pour les compagnies de danse contemporaine qui s’y présentent.

La culture du concours dans la danse

La danse a toujours raffolé des concours. Il y a ceux qui maillent tout le territoire, organisés par la Confédération Nationale de Danse dans les univers classique, jazz et contemporain, temps fort des écoles privées présentant là leur artiste en herbe rêvant d’or. Il y a les concours internationaux que les danseurs classiques courent tel l’International Ballet Competition de Varna, sans oublier les grands raouts qui animent les Arena du monde entier à l’occasion de compétitions de hip hop aux crews survoltés. Qu’ils récompensent le travail d’une année d’un groupe de semi-pro d’une école de province, qu’ils assoient la réputation d’excellence d’une Étoile ou qu’ils exposent un peu plus la virtuosité de hip-hopeur à la recherche de contrat, aucun des actuels concours n’a à ce jour occasionné la révolution culturelle de feu le Concours chorégraphique international de Bagnolet.

Créé en 1969 par Jaque Chaurand, Bagnolet permit l’émergence des principaux chorégraphes de la « nouvelle danse française » des années 80, ceux-là même qui allaient peupler les futurs CCN1 et toutes les scènes de France. Bagouet, Boivin, Marin, Preljocaj, Saporta, Decouflé, Gallotta, Verret, Bouvier-Obada … la liste des jeunes artistes à avoir brillé dans le 93 est aussi longue que prestigieuse. Sous l’impulsion de la nouvelle directrice du concours – Anita Mathieu – la manifestation se transforma en un festival de renom (les Rencontres chorégraphiques en Seine-Saint-Denis) : « Les artistes français n’ont plus voulu participer au concours. A un moment donné, ils ont rejeté le système de la compétition et ses implications : on leur demandait de comprimer leur pièce pour qu’elle rentre dans le format exigé. Le concours a donc été remplacé par des rencontres » explique la directrice pour justifier cette mutation2.

(Re)connaissance : une renaissance du genre

Pourtant ces dix dernières années, le concours de danse contemporaine semble renaître de ces cendres, attirant des compagnies émergentes en mal de diffusion et de production. Ainsi (Re)connaissance, initié par le Pacifique – CDCN de Grenoble en est à sa 9ème édition cette année et peut s’enorgueillir d’avoir donné une impulsion à des artistes qui comptent aujourd’hui dans le paysage chorégraphique international : Yoann Bourgeois, Yuval Pick, Ambra Senatore tous trois à la tête de CCN mais aussi Daniel Linehan, Roy Assaf , Christian Ubl ou encore le jeune collectif (LA)HORDE. Sur une idée du Pacifique Centre de Développement Chorégraphique National Grenoble et de La Maison de la Danse de Lyon, (Re)connaissance a vu le jour en 2009. L’idée : réunir l’expertise d’un panel de structures culturelles labellisées (au nombre de 16 cette année) pour promouvoir des compagnies de danse contemporaine repérées sur leur territoire.

Il s’agit par ailleurs de leur apporter un soutien, en leur donnant visibilité lors d’une plateforme, en leur offrant différents prix, allant de tournées des lauréats à des résidences et coproductions. Confirmation de talents plus que découverte de compagnies émergentes, (Re)connaissance présentera les 24 et 25 novembre à La Rampe, scène conventionnée danse d’Échirolles 12 compagnies dont six françaises pour une suisse, une italienne, une irlandaise, une allemande, une espagnole et même une sud-africaine. Des noms émergent, ayant déjà brillé dans les festivals ou théâtres hexagonaux (Oona Doherty, Samuel Mathieu, Malika Djardi), d’autres suscitent la curiosité (Roderick Georges, Maud Blandel, Fana Tshabalala…). Toutes présenteront un extrait n’excédant pas 25 minutes d’une de leur création sélectionnée par les partenaires.

Soutien et visibilité

À la clé : un 1er prix d’un montant de 7000€, un 2ème prix d’un montant de 4000€ et un prix du public d’un montant de 4000€, tous financés par Le Pacifique – Grenoble, la Maison de la Danse – Lyon et le Théâtre National de la Danse Chaillot de Paris. Mais bien plus que le seul argent, les partenaires s’engagent à diffuser un ou plusieurs spectacles ou extraits dans une programmation partagée, à offrir des coproductions, à s’engager sur des accueils la saison suivante. Diffusion-production-résidence, le nerf de la guerre pour toute compagnie de danse, qu’elle soit émergente ou reconnue.

Pas étonnant alors que chaque année des chorégraphes de plus en plus nombreux se penchent sur la question du concours, qu’ils se nomment (Re)connaissance, Danse élargie (organisé par le Théâtre de la Ville de Paris), Concours de jeunes chorégraphes classiques et néoclassiques (organisé par le CCN de Biarritz), etc. Comme au bon vieux temps de Bagnolet, ils espèrent monter sur le podium et pourquoi pas écrire une nouvelle (page de l’histoire de la) danse française

Et plus si affinités :

http://lepacifique-grenoble.com/reconnaissance

1 Centre chorégraphique national

2 Interview Anita Mathieu Regards.fr 1er avril 2006

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