Qui a volé le Boléro de Ravel ? Ou ne touchez pas au grisbi mélodique !!!!

Le Boléro de Ravel : ultra célèbre, joué aux quatre coins du monde, dansé maintes fois et de toutes les façons, porté au pinacle par un Maurice Béjart possédé littéralement par cette mélodie lancinante et lascive. On ne compte plus ceux qui l’ont adapté, s’en sont inspirés, l’ont accaparé en mode disco, rock, tango … Ce qu’on sait moins, c’est le business féroce que cette partition alimente. Les chiffres, difficiles à cerner, parlent pourtant d’eux-même : inscrit parmi les 20 hits de la SACEM, plus d’un million d’euros de recettes annuelles en moyenne dont les trois quarts aux USA où le morceau n’est toujours pas tombé dans le domaine public … ça y est, vous avez compris : le Boléro, c’est Dallas !

Et cela depuis 1937, où Ravel a la fâcheuse idée de mourir après avoir progressivement perdu l’usage de sa raison, sans laisser de testament déterminant à qui reviennent ses œuvres : ses héritiers légaux … ou son éditeur ? A partir de là, c’est le fight, juridico-médiatique, malsain, d’autant plus méprisant qu’il met en jeu des sommes colossales, impacte l’usage de la partition à des fins artistiques et créatrices, et révèle des pratiques plus que douteuses (paradis fiscaux, spoliation des juifs et autres saloperies du même genre). S’y mêlent effectivement les tendances collabos du dit éditeur qui profite de la protection nazie pour s’accaparer un peu plus l’œuvre du disparu, la manipulation du frère de Ravel, malade et visiblement drogué, sous la pression d’une infirmière tellement avide qu’elle n’hésitera pas à divorcer pour épouser Ravel junior, quitte à reprendre la vie maritale avec son premier mari une fois veuve du second.

Une stratégie bien pensée : la dame récoltera le pactole, abus de faiblesse oblige, un facteur explosif de plus dans une équation déjà complexe, puisque ses propres descendants viendront coller un peu plus de bordel dans la lignée des prétendants à l’héritage ravelien. Je vous l’avais dit, le Boléro, c’est Dallas, son univers impitoyaaaaaableu !!! Qui l’aurait cru ? La musique classique, c’est plutôt mignon tout choupi un truc d’intellos éthérés … que nenni ! Cette saga sidérante, Fabien Caux-Lahalle la dissèque dans une websérie trépidante de neuf épisodes qui traversent le XXeme siècle, la Seconde Guerre Mondiale, l’Occupation, la Guerre Froide, les Trente Glorieuse pour suivre le parcours chaotique de cette composition solaire aux contours de tiroir-caisse. Et cela perdure de nos jours, où les ayant-droit surgissent par magie pour réclamer leurs pépettes, interdire les adaptations trop farfelues (Zappa en a fait les frais), taxer les malheureux qui auraient mis le Boléro à leur sauce sans payer leur dîme, conséquente, on s’en doute.

Le Précieux du Seigneur des Anneaux, à côté, c’est peanuts. Par contre la lecture de Caux-Lahalle, elle, vaut son pesant de cacahuètes, puisqu’elle met à plat le casse-tête de la propriété intellectuelle, des droits qu’elle impose, des enjeux qui en découlent, des impératifs qu’elle dicte, quand par hasard, on a engendré un succès planétaire … mais qu’on a complètement négligé d’en protéger l’appartenance. A bon entendeur ???

Et plus si affinités

https://culturebox.francetvinfo.fr/opera-classique/musique-classique/qui-a-vole-le-bolero/qui-a-vole-le-bolero-de-ravel-episode-19-1928-1937-238667

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