Pose : une leçon de voguing et d’amour …

Gros plan aujourd’hui sur un petit chef d’œuvre de série TV comme on aimerait en voir plus souvent. Pose et ses huit premiers épisodes déboule dans un tourbillon de paillettes, de plumes et d’émotions pour nous raconter le parcours de Blanca sur le chemin de la maternité et de la plénitude.

Blanca Rodriguez, transexuelle, portoricaine et sidéenne, survit dans la New York ultra violente des 80’S. Il n’y fait pas bon être homo, de couleur et malade. Recueillie par la majestueuse et autoritaire Elektra, Blanca fait sécession quand elle apprend qu’elle est contaminée. Il est temps pour elle de quitter la maison Abundance et de tracer sa propre route dans le milieu queer des Balls. Elle inaugure donc la maison Evangelista où elle recueille jeunes homos et trans virés de chez eux, gamins abandonnés dans la rue : Damon, futur grand danseur, Ricky ex voyou et son amoureux, Papi contraint à dealer pour survivre, Angel stripteaseuse et éprise d’un yuppie complètement paumé.

Petit à petit, Blanca constitue cette famille dont elle a été exclue, compose des liens d’amour avec ce petit monde si attachant, tisse une fratrie soudée et fidèle, tout en assumant un rôle d’éducatrice rigoureuse, disciplinée, juste et profondément affectueuse. En toile de fond de cette leçon de tolérance et d’entraide, les Balls, ces compétitions pétulantes et sans pitié où les différentes maisons s’affrontent de défilés en concours de voguing, sous la houlette du solaire Pray, maître de cérémonie et gardien de ce temple queer.

Cet univers de larmes et de fierté s’oppose à celui des golden boys à la Trump, bien plus pervers et dépourvu de repères que celui de ces anges qui ne cherchent finalement que la reconnaissance et le bonheur simple d’exister pour soi. Il faut dire que Blanca et ses amies en prennent plein la face, contraintes à la prostitution, rejetées par le milieu homo blanc lui-même comme par leurs parents, leurs amants. Chacune répondra à cette ségrégation selon sa nature, avec rage et mépris pour Elektra, avec abnégation et bon sens pour Blanca, avec grâce et poésie pour Angel, avec sagesse et classe pour Pray …

Aux commandes de cette perle rare chargée d’optimisme et d’une très grande pudeur, un Ryan Murphy enrichi de ses précédents succès Glee et American Horror Story, qui, aux côtés de Brad Falchuk et Steven Canals, accouche d’un scénario resplendissant, servi par un casting de choc composé en majeure partie d’actrices transgenres : MJ Rodriguez, Indya Moore, Dominique Jackson mènent cette odyssée de maîtresse main, donnant la réplique entre autres à Evan Peters échappé de AHS, Billy Porter (incroyable, chaleureux, vibrant Pray).

Tout cela sent son vécu, chacune apporte avec elle un peu de son parcours pour animer son personnage, lui apporter du relief, une chaleur inédite, une humanité nuancée qui câline le cœur et l’âme. Les passages émouvants ne manquent guère, et l’on écrase sa larme bien souvent, sans honte ni grandiloquence ou drama. Sincères, poignants, ces protagonistes nous parlent, très intensément, dans leur questionnement, leur besoin d’amour, leur altruisme, leur puissance. Qui, après ces huit épisodes, ne voudrait pas d’un Pray, d’une Blanca à ses côtés, tant ils sont protecteurs et énergiques, malgré leur détresse ? C’est ce qui fait la force de cette série d’exception, dont on attend la seconde saison avec impatience.

Et plus si affinités

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