Philippe Will – Dealer : maudites Sixties !

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Nous l’avions laissé en refermant avec bien des regrets le somptueux Guerilla. Philippe Will nous revient au détour d’un mail (que ferions-nous sans la magie web, mon Dieu???) avec l’édition poche de l’abrasif Dealer sous-titré « La valse des maudits ». Au centre du récit, Jean de Breteuil, rejeton de la haute noblesse française et fournisseur es cames de haut vol pour les stars et les people de la jet set des sixties. Parmi ses clients et amis, Janis Joplin, Jim Morrison, Jimi Hendrix, les Rolling Stones, plus particulièrement Brian Jones … sans compter Anita Pallenberg, Pamela Courson, les Getty, bref tout le gratin musical et financier de l’époque …

Cela fait un peu de rock d’anthologie, mais surtout beaucoup de fric, beaucoup de drogues, d’orgies … et d’overdoses fatales. La légende du club des 27 prendrait-elle sa source dans la dope du « Comte » ? Will, de sa plume éclatante et incisive, laisse entendre que oui, bâtissant sur des faits réels scrutés à la loupe un suspens proprement hypnotique, dont on dévore les péripéties comme d’autres se feraient un trip à l’acide. Cette odyssée de la mort nous conduit frénétiquement de Marrakech, alors plaque tournante de toutes les turpitudes, en Californie où le mouvement hippie naissant va très vite s’éroder alors, que la horse s’impose en impératrice dans les veines de tout ce beau monde.

Le Swinging London comme New York vont également sombrer face au juteux commerce de la French Connexion, dont Breteuil fut probablement l’un des leviers, propulsant l’héroïne jusqu’alors ultra élitiste et rarissime sur le devant de la scène sixties, avec les conséquences fatales que l’on sait. C’est cette lente métamorphose qu’on découvre page après page, une mutation sociétale terrifiante qui en dit long sur l’esprit de l’époque. Will enfonce le clou en élaborant une théorie des plus intéressante sur ce cataclysme, stratégie politique visant à neutraliser définitivement les artistes contestataires et leurs ouailles en les éradiquant via leur faiblesse : l’addiction. A l’heure de la débandade vietnamienne, tout est bon pour reprendre la main sur une population en proie à l’émeute ?

A voir. Le récit de Will se tient, et on en sort complètement abasourdi, par la force de son hypothèse, par la justesse de sa description, par le rythme de son style, la dureté du monde qu’il évoque. Pour sûr, Dealer démonte le schéma d’une époque sans pitié, au charisme trompeur, qui nous fascine alors qu’elle devrait nous faire trembler par son pouvoir de nuisance. Malicieusement il évacue le rock, la musique, la création artistique, les combats sociaux et idéologiques qu’on met généralement en avant pour vanter ces temps maudits, et insiste avec justesse sur les dégâts irréversibles des psychotropes, d’un mode de vie autodestructeur qui, débarrassé des glorioles de la l’imagination, du glamour et de la liberté, a tout du suicide de masse, par nonchalance et ennui.

Et plus si affinités

https://www.philippewillonline.com/

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