PEOPLE WHAT PEOPLE ? de Bruno Pradet au OFF d’Avignon : Comment ça va les gens ?

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Photographies Alain Scherer

On parle beaucoup à Avignon et souvent autour de cette question : « Et toi t’as vu quoi de bien ? ». Au mitan du festival OFF on a bien des fois répondu par une autre phrase interrogative : « People What People ? », ce titre énigmatique de la nouvelle pièce chorégraphique de Bruno Pradet. Sensation du OFF 2014 avec L’homme d’habitude, concert dansé co-réalisé avec feu Les Blérots de R.A.V.E.L qui tourna incessamment par la suite, le chorégraphe montpelliérain propose jusqu’au 19 juillet – 20h aux Hivernales-CDC d’Avignon une pépite de 50 mn. Et c’est peu de dire qu’il est attendu !

Joué à guichet fermé quasiment tous les soirs, People What People ? met en scène une menue humanité au bord du gouffre. Succédané de nos sociétés tressautantes, hésitant entre espoir et désolation, individualisme et jeu collectif, les sept interprètes, en tenue casual sur un plateau dépouillé d’artifices et de d’accessoires, exécutent une partition chorégraphique ultra-physique composée en majorité de pulsations plus ou moins violentes, de petit sauts de boxeurs et de courses éperdues. Au gré de leur migration de cour à jardin, leurs corps s’unissent, s’éparpillent. Puis c’est un être qui tente une échappée solitaire, mais l’essai n’est jamais transformé : le groupe se recompose. Indéfectiblement. L’homme est un être social, in fine et c’est à la fois tout son bonheur et son malheur.

People What People ? ne nous dit rien de nouveau sur notre condition et n’a pas prétention à proposer un discours nouveau sur un thème où tout a déjà été dit, écrit, joué et dansé. Son Il était une fois l’humain égrène cependant les verbes rire, aimer, s’affronter et se réconcilier qui font ce que nous sommes avec une poésie et une sincérité qui emportent immédiatement le public. Pourquoi, comment ? Sans doute parce que Bruno Pradet, chorégraphe au capital sympathie unanimement reconnu dans une profession où les egos boursouflés mériteraient cure, sait rendre accessible la danse contemporaine. Son précédent hit L’homme d’habitude témoignait déjà de la capacité du chorégraphe à synthétiser des mouvances, à humaniser des styles et concepts chorégraphiques parfois arides. Ce succès lui a d’ailleurs joué des tours : proposer une danse accessible et populaire est souvent suspicieux aux yeux de certains.

C’est pourquoi, au terme de cet épique People What People ? (au final tourbillonnant qui vous emporte littéralement), passée la standing-ovation, il y a la quasi-majorité du public qui échange sur cette heure d’émotion passée, dans l’étroite rue Guillaume Puy. Au côté de ce public bavard, une certaine presse, blasée et persuadée d’avoir déjà tout-vu, tout-su Paris intra-muros boude son plaisir et court déjà consommer son énième spectacle de la journée. Cette presse aurait vu là du Rizzo (variation sur le folklore), du Marin (vision horrifique de l’humanité), du Gruwez (travail sur le rire). Et de tirer de hâtives conclusions sur la pièce, bien trop applaudie à son goût.

Le public, lui, n’en démord pas : il a assisté là à un ballet – partition musicale saisissante qui résonne plus qu’elle ne raisonne. Il a été ému par la danse de cette petite communauté, précise et millimétrique, par ses fulgurances, sa performance hallucinée. Il s’est laissé emporter sans chercher à référencer. À raison, il a aimé avec son cœur plus qu’avec sa tête.

Et plus si affinités

http://www.hivernales-avignon.com/festivals/bruno-pradet-a-people-what-people-/

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