Parabellum : du punk, du rock et DU ROOOOOOLLLL !!!!!!

 

« Génial, leur concert !!!!! Gé-nial !!!!!! Mais on n’a pas pu les interviewer. Comment qu’on fait ? » « Bah je m’y colle lors de mon prochain passage à Paris, ils passent au Tapis Rouge, à Colombes, ça devrait la faire, hein ? ça va la faire … ».

Oui c’était le 11 Mars et Amadis venait de sortir du concert Parabellum/Pigalle à Vandoeuvres. Elle devait les revoir plus tard avec le Bal des Enragés. A chaque fois, un énorme coup de cœur ! Et je suis bien d’accord avec elle ! Les Parabellum sur scène, ça décoiffe, chère Amadis (cf les p’tites vidéos qu’on a collées en liens en bas d’article, vous ne serez pas déçus croyez moi !) Mais les Parabellum par derrière, dans les coulisses, ça vaut aussi son pesant de cacahuètes ! Ah oui on l’a bossé toutes les deux le questionnaire mais pour ce qui est de la prise de contact pure, je te dis pas le challenge : les Parabellum à interviewer, c’est du défi ! Car le groupe tourne peut-être depuis 30 ans, les musicos eux sont restés très enfants. Très très enfants.

Tripotant le micro, me demandant quand est-ce qu’on mange … Parce que bien sûr je suis allée le faire cet ITW. Mais mes petites questions de petite journaliste intello de petit webmag, je vais très vite les remballer. « Elles sont nulles mes questions ???? » « Mais noooooooooon ! » « J’ai juste pas l’air d’une cruche ? » « Mais nooooooooooooooon !!!! » Et Xav le batteur de se rouler de rire dans son fauteuil pendant que Sven le guitariste me regarde avec un œil pétillant de malice en tripotant la mappemonde qui lui sert de boucle d’oreille. Quant à Schultz assis à mes côtés : « Ah t’es pas sorti des ronces, ma pauvre ! » Vous voulez un aperçu ? Voilà ce qu’ils me répondent lorsque je leur demande comment ils ont évolué au cours des 3 décennies :

 


Parabellum spirit !!! by theartchemists

 

Bien, non ? Et tout a été comme ça. Des gamins, ces mecs ! Et des amours ! Car du moment où je lâche mon enregistreur et mon stylo pour leur dire « Ok, je vous demande plus rien mais je reste vous regarder bosser», ils m’acceptent, tranquilles, calmes, avec humour et humanité. Schultz, le patron, docs aux pieds, gapette vissée sur le crâne, lisant le Canard étalé dans le canapé des loges, Sven avec son manteau moumoute orange, Stéphane le bassiste, Xav et ses blagues, … Moi qui devais assister aux balances et boucler mon ITW vite fait, je vais passer toute la soirée avec eux, allant boire l’apéro, mangeant à leurs côtés, discutant de tout et de rien, les regardant foutre le feu à la scène avec une jubilation complète … et c’est bien parce qu’il faut chopper le dernier train que je me tire en galopant jusqu’à la gare, sans même pouvoir leur dire au revoir. La honte sur moi, les gars !

Parce que grâce à vous j’ai passé une des meilleures soirées de ma vie. Et c’était mal barré à la base vu que je m’étais plantée d’une journée. Heureusement que j’ai appelé votre régisseur Denis pour le prévenir que je lui mailais les questions dans la foulée : « Mais c’est aujourd’hui l’ITW ! » « Comment ? ».  45 minutes avant l’heure fatidique. Bien Delphine, ça fait très pro. Punkitude quand tu nous tiens ? Tu parles ! Eux ils sont à l’heure, alors magne poupée. Les Parabellum, on ne les fait pas poireauter. J’ai planté mon RDV, choppé le sac, l’appareil photo, le blouson et bim ! Cavalcade dans le métro pour attraper le train direction Colombes.

Je sors de la gare, me trompe de chemin, demander à un gentil monsieur (merci gentil monsieur !), arrive devant le Tapis Rouge … et éclate de rire. Cinq minutes à glousser/pleurer : c’est que nos Para, ce soir-là, jouent juste à côté … de la Police municipale ! Je vous jure que c’est vrai ! Un comble pour les interprètes de « Cayenne ». J’imagine déjà la tête des flics en entendant le fameux refrain secouer leurs murs à coups de décibels :

« Mort aux vaches ! Mort aux condés !
Viv’ les enfants d’Cayenne ! A bas ceux d’la sur’té ! »

Encore que … je trouve un peu simpliste de les réduire à cette citation qui a fait leur succès. C’est oublier tout le reste et quel reste ! En huit albums, ils ont eu de quoi planter leur identité, les Para :

– des guitares balayant toutes les colorations, le rock, le punk, le rockabilly « Zig zag rock », le ska, la country « Holyday in the sun », une mixité de genres qui englobe l’apparition du rap sur « Pire qu’un gun » signé avec Saï Saï, le travail avec San Sévérino sur « C’est pas gagné », la musique latino avec « Schultz’s samba » ou « Latin rock’n roll » ;

– des textes  au lance flamme qui incendient tous les travers de notre douce société, la politique bien sûr et tout bord confondu, mais aussi les joies de la finance sauvage – « Capsule à freak », des petites manies comme l’esthétique – « Qui sont les truands ? » et « Sale gueule » – ou les dérives d’Internet stigmatisées dans « Last Email à Elise » ;

– une cohésion incroyable entre les accords des guitares, le rythme porté par la batterie, la ligne de basse, la voix éraillée et le phrasé de Schultz, le tout dégageant une énergie électrique qui justifie pleinement l’un de leurs derniers morceaux « Tant qu’il y aura des watt » et qui leur fait bouffer la scène et tailler la route avec la ferveur de gamins de 20 ans.

– un humour souvent très mordant, un esprit très « chansonnier », Bobby Lapointe punk doté de solides canines qui se plantent là où ça fait le plus mal mais sans arracher pleinement le morceau, le tout assorti de jeux de mots et d’un sens du verbe qui devrait servir d’exemple à tous les étudiants en com’ et RP …

Anyway ! Bluffée par l’ironie du hasard qui va leur faire déverser leur prose contestataire dans le voisinage de la marée-chaussée, je dégringole les escaliers du Tapis Rouge pour découvrir les loulous en train de faire les balances. Denis leur régisseur m’accueille, je me pose sur un banc pour écouter tout ce petit monde équilibrer les instruments en mode blagues (petit clin d’œil au passage aux ingés son/lumière et à la chargée de marketing qui ne sont pas en reste en matière de plaisanterie). Y a pas à dire, il y a du volume et du travail de terrain.

Carré, rapide, clair, concis, … le tout est baqué vite fait et je me retrouve avec eux en coulisses pour discuter création. Pas très fière pour être honnête car extrêmement respectueuse et très impressionnée : les Para, j’ai écouté ça au lycée dans le sillage des Bérus et de Ludwig von 88. J’en suis encore à l’idée d’entités du rock. Bon ça ne va pas durer très longtemps vu l’ambiance et je remballe vite fait mes questions mais j’arrive quand même à leur sortir deux-trois trucs, aux amours, (avec en fond sonore les premières parties en train de faire les balances, c’est discret n’est-ce pas ? et de temps à autre ma petite voix qui essaye de s’imposer et je rame, je rame !) :

 

– Alors ils viennent d’où, nos Paras ?


Parabellum : les origines !!!!! by theartchemists

 

– Leur inspiration, ils la trouvent où ?


Parabellum : des sujets d’inspiration en pagaille, malheureusement ! by theartchemists

– Et comment ils composent ?


Parabellum : techniques de composition ?????? by theartchemists

 

– Euh vous êtes au courant qu’il y a d’autres Parabellum (oui y en a !) ?


Les autres Parabellum ! by theartchemists

 

– C’est quoi leur recette magique ?


Parabellum – la recette magique !!!!!! by theartchemists

 

– Et leur rapport à l’industrie du disque ? (celle-là elle est pas mal dans son genre).


Sur l’industrie du disque et son fonctionnement by theartchemists

 

Ironiques, émouvants, sincères, simples, spontanés, …  (en témoigne la manière dont ils ont choisi leur répertoire pour la session suivante du Bal des Enragés, bien sûr au détour de la conversation : « Oh ! on devrait faire « Walk this way » ! » «  Oh bah oui ! Allô ! NiKo ? (Niko de Enrage Prod, leur maison de disques) ça te dirait qu’on fasse … ». En free style ? Et ça a été comme ça jusqu’à ce qu’ils montent sur scène. Et là, je vous dis pas le concert, un vrai bonheur. J’étais avec eux, cachée dans un petit coin des coulisses, entre les fils, les projos, les enceintes, … c’était proprement dingue de les voir enchaîner les morceaux sans un souffle de pause, gardant la même cadence infernale sans mollir une seconde, entraînant tout le public dans une sarabande absolument délirante.

Alors ? Alors vivement ce prochain disque pour 2012 (le beau mois de mai ?) et les concerts qui vont forcément aller avec. De l’inspiration, ils ne vont pas en manquer, les Parabellum. De l’audience non plus, vu leur persistance, leur endurance, leur verve, leur appétit de vivre, cet humour incroyable et ce petit côté universel et fédérateur qu’ils définissent si bien dans un éclat de rire étonné :


Parabellum c’est punk ? c’est rock ? by theartchemists

Bon je pense pas qu’on ait fait le tour de la question. Le dossier Parabellum est loin d’être clos et c’est ce qu’on leur souhaite pour leur plaisir et le nôtre : on va encore avoir bien des choses à raconter sur eux dans l’avenir, car ils n’ont pas fini de nous étonner. Il n’empêche, en attendant la suite de leur périple, on y va pour la formule consacrée : merci aux Parabellum et à leur équipe. Merci les gars !!!!!

 

PS : juste au passage, je dédie cet article à Sylvain B.

 

Texte et photos : Delphine Neimon

Interview : Delphine Neimon – Amadis

Podcasts : Elliot Emery

 

 

Et plus si affinités

http://www.myspace.com/parabellumfr

http://www.enrageprod.com/artistes/artistes.php?id=11&lang=fr

 

Concert – Vandoeuvre-les-Nancy : Acorps de Rue / Pigalle / Parabellum

Le Bal des Enragés, … quand les Enragés font leur cirque

 

Et quelques vidéos (merci aux vidéastes sauvages et autres), qui ont placé tout ça sur Youtube,  histoire de vous plonger dans l’ambiance.

http://www.youtube.com/watch?v=btKeWfBYigA&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=MHIfOt5nnGo&feature=related

http://www.dailymotion.com/video/xjhd23_parabellum-la-gare-saint-sauveur-lille-10-06-2011_music