Now Here / Pascale Gustin – 857 CLUSTERS – OPUS 2 : entre code et texte, le Verbe se décompose

Petite, menue, discrète, … Ne vous y trompez pas pourtant. Pascale Gustin sous ses airs de petit chat gris, a du tempérament et les idées claires quant à sa démarche d’artiste, pleinement investie dans la quête du sens et du non sens générés par le code et l’écriture. Deux types de contenus qu’elle assimile au tissu et qu’elle s’emploie à détricoter, maille par maille, signe par signe, mettant les deux formes en regard, pour mieux interroger les interpénétrations des deux univers et créer une nouvelle matière.

Pascale Gustin, Ayato, Extrasystole et Red Alert // Soirée performance à la Baignoire // NOW HERE // Oudeis from Oudeis on Vimeo.

« Faire sens » : aujourd’hui les nouvelles technologies remettent en cause la valeur du langage et de l’écrit tels qu’ils ont fondé nos civilisations. En explorant les possibilités d’un patch Pure Data,  Pascale Gustin rebondit sur une déconstruction qui n’est pas sans évoquer le travail effectué en leur temps par Ionesco ou Beckett. Moderne Winnie, nous la voyons s’installer par terre devant son ordinateur, et le cahier où s’alignent les mots de Vecteurs.

Sur un mur de La Baignoire où se situe la performance, se reflète un paysage qui doucement disparaît dans la brume, sur l’autre des séquences, des morceaux de codes, des phrases qui s’enchaînent, sorte de cadavres exquis boostés par les glitches des programmes. Moderne scribe, cyberconteuse, poétesse de l’imossible, Pascale commence la lecture de son texte, dont elle choisit des passages qu’elle enregistre en boucle, déformant les phonèmes, les superposant jusqu’à l’inaudible, ne laissant transparaître que les rythmes, les pulsations de la langue.

L’expérience est saisissante, hypnotique et terrible quand le discours en décomposition volontaire devient agression de l’oreille et perdition de l’esprit. Organique, la performance a quelque chose de sacré et de blasphématoire à la fois car elle viole le langage dans son acception créatrice : ne dit-on pas dans les textes fondateurs que le Verbe est la source de la vie ? En confrontant Nature et Culture autour de cette complète refonte de l’exprimable, Pascale Gustin fouille les arcanes d’un mystère, d’une magie que même les surréalistes ont voulu déflorer.

Ou quand les arts numériques questionnent la puissance poétique ? Début d’explication et retour sur un parcours :

Et plus si affinités

http://www.pascsaq.org/logz/index.php

http://www.oudeis.fr/pascale-gustin-evoque-son-projet-857-clusters-opus-2/

http://www.flickr.com/photos/oudeis_oudeis/sets/72157637633798766/

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