Northwest : autopsie d’un engrenage et de ses limites

L’histoire semble un classique du genre : un quartier défavorisé en proie aux luttes mafieuses, des gamins qui cherchent à s’en sortir en entrant dans la spirale du crime, la violence dévastatrice qui en résulte, …

Que ce soit en Sicile, à Naples, en Russie, aux USA ou en Norvège, la lente décomposition est toujours la même, les rouages à l’œuvre s’enclenchent toujours avec la même logique implacable. Scarface, Le Parrain, Romanzo criminale, Goodfellows, Black rain, Little Odessa… Northwest s’ajoute à cette liste pour confirmer l’équation mise à jour.

Et la vivre de l’intérieur des êtres : Casper, petit casseur aux ambitions démesurées qui entraîne son jeune frère dans ses trafics et lui fait pénétrer les arcanes du grand banditisme. Jusqu’à toucher les limites de lui-même et celle d’Andy : les limites de la vie d’autrui. Le film réalisé par Michael Noer pose sur une lumière crue des plans rapprochés qui sculptent la dureté des visages, leur solitude, … alternent des instants de tension, quand Casper plonge dans la drogue et la prostitution, et des moments d’oubli, quand il se retrouve avec sa famille. Une famille sans père, et c’est là que la cellule mafieuse prend racine, sur cette faille, ce manque qu’elle ne compensera jamais mais qu’elle exploite sans vergogne.

Là-dessus vient se greffer conflits ethniques argent roi, absence de centres d’intérêt et d’éducation, et vous avez à l’œuvre les paramètres d’une chute, sous le vernis tranquille et policé d’une vie de quartier paisible. Avec au cœur du processus la peur dont le réalisateur dit à juste titre : « Ce qui est important au Danemark, en France ou dans beaucoup de pays, c’est le rôle de la peur. Ceux qui savent l’installer, que ce soit des chefs de gang ou de partis politiques, prennent le pouvoir. » Et déclenchent la chasse à l’homme. Chasse que Michael Noer rend d’autant plus haletante qu’elle est provoquée par ce jeune frère à qui Casper pensait pouvoir confier sa vie aveuglément.

L’aveuglement, le silence, … entre ombres et lumières, l’image happe les corps pour souligner l’explosion soudaine de la haine. Notons le jeu impeccable et tout en tensions des acteurs, notamment Gustav Dyekjaer Giese et Oscar Dyekjaer Giese deux frères choisis pour incarner la fratrie en décomposition.

Et plus si affinités

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