No Gazaran : l’exigence vitale de la lutte

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Je ne sais pas si vous l’avez noté, mais ces temps derniers, la ligne édito de The ARTchemists a évolué vers une très légère radicalisation en matière de sujets traités. Heritage Fight, La Saga des Conti, L’Histoire mondiale de l’anarchie, … ce n’est pas qu’on tourne à gauche toute, mais faut avouer qu’en ce moment il y a de quoi rugir quand on voit les dérives se multiplier en matière de foutage de gueule.

Bref même si nous tâchons de rester courtois et objectifs, nous ne sommes pas du genre à la fermer, surtout quand il s’agit de préserver un environnement qui est quand même notre espace de vie : vu les avancées de la conquête spatiale, c’est pas encore demain qu’on pourra se réfugier sur Mars en cas d’implosion de notre bonne vieille Terre (pas dit du reste qu’on ait les moyens de se payer le voyage), il conviendrait donc de prendre soin de ce que nous n’avons pas encore saccagé.

En l’état il y a du boulot, en matière de prise de conscience, d’éducation, de mode de vie et de refus des politiques appliquées notamment en matière énergétique. C’est là que les media se doivent s’assurer leur mission première, à savoir mettre en lumière et expliquer, informer en somme. Heritage fight nous avait donc conduits en Australie pour assister au combat des populations face aux ravages des pétroliers. Mais au finish pas besoin d’aller si loin pour trembler de peur et d’indignation, il suffit de rester chez nous, dans notre chère France et nous constaterons qu’il y a matière à lutter.

C’est ainsi que No Gazaran nous entraîne en Ardèche dont les habitants découvrirent avec joie il y a trois ans que des permis d’exploitation de gaz de schiste avaient été délivrés dans le plus grand secret par l’administration française à des firmes spécialisées, pour la plupart américaines. Un véritable séisme en devenir quand on sait à quel point cette méthode d’extraction est dangereuse pour l’écosystème, avec des dommages collatéraux pour les populations, l’agriculture, l’élevage et la nature environnante. Ah vous l’ignoriez ? Eh bien le documentaire de Doris Buttignol et Carole Menduni va se charger de vous le rappeler à grands renforts de chiffres, d’études et d’entretiens avec des scientifiques et des chercheurs.

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Allant jusqu’aux USA dont certains états ont été proprement ravagés par les puits et la pollution, le film pointe par ailleurs du doigt les mécanismes qui ont abouti à ces autorisations ô combien dangereuses et irresponsables. On frémit derechef en constatant que ces décisions dramatiques ont été prises en haut lieu sans jamais en faire état ni aux élus ni à leurs administrés en total déni de démocratie, suivant des argumentaires plus que tendancieux. Pas d’informations, aucune annonce des décisions, les habitants ont vu débarquer les foreurs du jour au lendemain et ont dû se mobiliser sur le tas pour stopper la catastrophe.

En deux heures de reportage, on prend conscience de la lutte qu’il a fallu engager, de la mobilisation qui a eu lieu dans tout le Sud. La chose n’a pas été simple, pour rappeler aux décideurs installés en haut de la pyramide institutionnelle qu’en bas se trouve une base qui, déniée et méprisée peut le cas échéant faire vaciller l’édifice, car elle est tout de même à l’origine de leur présence au sommet en tant que délégués de cette même base qui les a élus démocratiquement. Un passage notamment donne à réfléchir : élus et représentants des associations de défense partent en formation pour s’initier à la désobéissance civile.

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Car en se dressant contre ce danger, en dénonçant la destruction à l’œuvre, ces gens qui font acte de leur citoyenneté se retrouvent en situation de délit potentiel. On marche sur la tête en saisissant l’ampleur de ce mécanisme ubuesque qui fait passer La Colonie pénitentiaire de Kafka pour une balade de santé. C’est du reste l’objectif du documentaire que cette prise de conscience, d’ailleurs inscrite dans l’ADN des Brasseurs de Cage, collectif moteur de cette réalisation et qui revendique « l’Art comme une arme de construction massive. Nos productions se caractérisent par la notion de réseau. Nous travaillons avec la volonté affirmée de donner une visibilité à ce qui est occulté par les médias dominants ».

Publié en DVD aux éditions Montparnasse, No Gazaran échappe donc au circuit de diffusion en salles pour venir s’exprimer sur nos écrans à tous, fidèle ainsi à l’esprit de partage qui a motivé sa création. Une manière au travers d’une étude de cas, de réinvestir la responsabilité ancrée dans le rôle de citoyen actif qui doit être le nôtre.

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Et plus si affinités

http://brasseursdecages.free.fr/

http://www.editionsmontparnasse.fr/p1645/No-gazaran-DVD

 

 

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