MicMacs à Tire-Larigot : une farce de la résilience

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Difficile de parcourir l’exposition Caro/Jeunet de la Halle Saint Pierre sans avoir envie direct de se refaire la filmographie du tandem, opérant ensemble ou séparément. Car si ces messieurs sont passés à la postérité en réalisant de concert le savoureux Delicatessen puis La Cité des enfants perdus, il leur arrive aussi d’opérer en solo. Ainsi Jean-Pierre Jeunet monte seul à la création de Micmacs à Tire-Larigot. Nous sommes en 2009, c’est son sixième film, une fable tendre, si juste, qui marque le spectateur par son humour et la synthèse qu’elle opère de toute une œuvre.

Résumons : Bazil n’a eu guère de chance dans la vie. Son père, militaire de carrière et démineur, meurt en mission, réduit en bouillie par une charge récalcitrante dans un quelconque désert de la planète ; sa mère ne résiste pas au veuvage, direct internement, le petit quant à lui part dans un orphelinat atroce dont il s’échappe vite fait pour atteindre l’âge adulte, sens de la débrouille oblige. Manque de bol, il se prend une balle en plein front, dans des circonstances ubuesques, et s’il survit, il y perd appart et job.

C’est la rue, la mendicité, … et la rencontre avec une petite bande de marginaux qui vont le sortir du pétrin … et l’aider à coincer les entreprises d’armement qui ont provoqué sa perte. A la tête de ces deux firmes rivales, des requins de la finance, l’un très aristocrate vieille France, l’autre golden boy aux dents longues. Vivant chacun reclus dans les murs de leurs usines et de leurs apparts, bien protégés par des gardes du corps et des réseaux politiques. Inattaquables en apparence.

C’est sans compter sur l’ingéniosité et le talent de nos farfelus saltimbanques, qui vont agir avec originalité, inventivité et un sens inné de la récup’. N’en disons pas plus ; rythmée en diable, cette farce se singularise par des gags et des répliques irrésistibles, des clins d’œil nombreux aux films précédents, des mises en abîme récurrentes, des décors soignés, des références constantes à l’art et au cinéma, avec en prime les automates de Gilbert Peyre qui ajoutent leur poésie à ce monde aux nuances étranges de cuivre, d’oranger et de vert.

Quant au casting, Dominique Pinon est au rendez-vous, de même que Dany Boon, Yolande Moreau, Jean-Pierre Marielle, Julie Ferrier, Michel Crémadès, Omar Sy, André Dussolier, Nicolas Marié, Marie-Julie Baup … et l’incontournable Dominique Bettenfeld. Entre autres. Bref du beau monde, pour animer cet apologue où de nouveau, les plus faibles font la nique aux puissants, opposant à l’argent et au pouvoir, le système D, l’imagination et la poésie. Franchement on ne s’en lasse pas, tant cela fait du bien. Le film est à voir et revoir sans limite pour sa troublante légèreté, la résilience qu’il met en exergue, sa vertu quasi thérapeutique.

Et plus si affinités

http://epithete-films.com/films/micmacs-a-tire-larigot/

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