Media / Léon Vivien : 14-18 en direct live sur Facebook

Imaginez un prof, français, 29 ans, mignon, maqué, … mobilisé à l’aube du premier conflit mondial pour partir la fleur au fusil pourrir dans les tranchées … et qui aurait un compte Facebook. Voici le pari lancé par l’agence DDB, 3eme agence de pub hexagonale, qui a tellement flashé sur le musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux qu’elle a mis en place cette campagne de com’ peu ordinaire … et qui devrait faire date.

C’est que notre Léon en raconte pas mal sur son wall, postant photos, documents, caricatures, extraits de journaux, le tout commenté/relayé avec force ironie par ses petits camarades de régiment. « Une expérience digitale inédite » explique le Musée de la Grande Guerre sur son site.  Certes, la démarche est osée, … et plait. Relayée par de nombreux média, likée par 22 000 fans et des brouettes, elle a le mérite de donner un petit coup de fouet à la transmission d’un savoir souvent encrouté par des décennies de programmes scolaires pour le moins poussifs.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si notre narrateur est enseignant. Un prof parachuté au milieu de l’horreur en marche, l’idée est intéressante. De plus ces messieurs s’expriment dans un français d’époque dont les smileys et les libertés orthographiques sont exclus. Pour être poilu, on en n’est pas moins éduqué.  Et voici donc le genre d’échange qu’on relève de loin en loin :

Et c’est là que je m’interroge :

Ce conflit a reposé sur une base essentielle à savoir l’absence de communication entre les soldats et leurs familles : les lettres arrivaient au compte goutte, et cette absence d’échange fut pour beaucoup dans les mutineries de 1917, mutineries qui furent étouffées par l’état major et le pouvoir qui n’avait aucun intérêt à ce que l’opinion publique ait vent de cette sédition.  Elle conduira pourtant certains héros devant le peloton d’exécution pour haute trahison. Aurait-il été aussi facile de mater cette rébellion avec Facebook en marche ? Quand on sait que ce média a permis d’informer le monde des révolutions portant le Printemps Arabe ? Y aurait-il même eu un quelconque conflit avec ce réseau en action ?

Autre question : comment ce fait-ce que ce soit une agence de pub commanditée par un musée qui a mis cette idée pédagogique en action, et pas l’éducation nationale dont c’est pourtant le rôle ? Réfléchir à de nouvelles méthodes pédagogiques, en adéquation avec l’évolution des apprenants ? Repenser les manuels scolaires ? Le travail conjoint du musée et de DDB pose la question d’un nouveau mode d’appréhension de notre Histoire. Ok je cherche la petite bête : déformation d’universitaire ? Peu importe, cette action a le mérite d’exister.

A observer dans l’avenir, car l’opération va durer jusque mi mai, il convient donc de voir comment les post de notre Léon et de ses camarades/proches vont évoluer. Et si ils portent leurs fruits et augmentent la fréquentation du musée, dont je vous engage à consulter le site qui est très bien alimenté et qui augure d’une visite particulièrement édifiante :  http://www.museedelagrandeguerre.eu/

Et n’oublions pas que toutes les actions de com’ du monde et les musées ne seraient rien sans le récit absolument sidérant de Remarque dans A l’Ouest rien de nouveau, le film The Trench et sa tranchée hantée, ou les dessins horrifiques d’Otto Dix.

Et plus si affinités

http://www.facebook.com/leon1914?fref=ts

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.