Mayhem : « Moi je commence à bien l’aimer ce virus ! »

Ah l’entreprise ! Ce monde merveilleux de convivialité, d’entraide, d’éthique, où on se challenge à plusieurs, dans un esprit de communion et de respect ! Bon, si vous achetez mon speech, vous êtes complètement irrécupérables ! Et vous avez besoin d’un traitement de choc en urgence : visionnez au plus vite Mayhem de Joe Lynch !

Nous sommes donc aux USA, dans l’enceinte d’un grand groupe type fonds de pension, grand groupe que Derek Cho (Steven Yeun échappé de The walking Dead) a tout fait pour intégrer … et dont il vient d’être congédier manu militari pour écoper des conneries d’une collègue particulièrement arriviste. Coup de bol, son licenciement coïncide avec la détection dans les locaux d’un virus tueur particulièrement virulent qui nécessite le confinement de tous les employés, employés contaminés bien évidemment.

Et c’est là que ça devient jouissif puisque ce gentil petit virus a la particularité de désinhiber les comportements, dévoilant la brutalité sommeillant en chacun, largement entretenue par la frustration et les rivalités : dans un climat professionnel où la férocité et l’absence d’empathie sont cultivées comme des compétences de base, cette épidémie s’avère forcément explosive et nous vaut 1h30 de fight et de gags particulièrement corrosifs mais assez justes au finish, dans la réflexion qu’ils déclenchent.

Car notre héros et ses collègues, touchés par la maladie, ne sont plus responsables de leurs actes … et ils le savent … et ça leur convient tout à faire. Aussi, tous les coups, y compris le cassage de gueule, la torture et le meurtre, sont permis afin de bousiller un concurrent, régler son compte à une responsable qu’on ne peut plus souffrir, baiser la p’tite secrétaire qu’on reluque depuis des mois, ou réinjecter un peu de justice dans cette mécanique de maboules ? Et si on peut s’offrir un packaging complet de ces joyeusetés, c’est cadeau bonux !

Considéré comme défouloir par certains, comme gentille plaisanterie par d’autres, Mayhem taille un costard étriqué au monde merveilleux des grandes boites, en flinguant au passage l’esprit des écoles de commerce, et la compétitivité qu’elles autorisent. En injectant le thème de la barbarie virale dans l’univers clos d’une banque, cette fiction porte la réalité sordide, des dérives type Lehman Brothers et consort. C’est l’objectif de cet ovni, qui sans renouveler le genre, a du moins le mérite de divertir en mettant un peu de plomb dans la tête et en multipliant les les arrière plans délirants et savoureux, qui détournent réunionite aiguë et technique du post it !

Et plus si affinités

https://us.rljentertainment.com/franchise/mayhem/

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