MaMA 2012 / Rencontre avec Don Rimini : l’electro odyssée du parrain placide

Alors là, je vous le dis tout de suite, ça a tenu de la course poursuite, cette histoire. Une véritable odyssée effectivement.

J’avais entendu le nom de guerre du monsieur de loin en loin, mais l’electro dancefloor n’étant pas franchement ma came à la base, je n’avais jamais vraiment prêté attention à sa musique. C’est donc toute surprise que je découvre la chose en passant devant la main scene de Marsatac où le Don est en train de boucler son live, perché en haut de ses 4 mètres de tribune avec éclairages et vidéos. A live Odyssey : installation impressionnante, qui vient compléter les cube/pyramide/bouclier et consort de ses camarades en electro attitude C2C, Etienne de Crecy, Daft Punk, Justice, ou Bloody Beetroots.

Bon ok, impressive, mais comme le devoir m’appelle de l’autre côté du festival, je m’éclipse. Affaire classée ? Que nenni. Je recroise le monsieur le lendemain sur la Love Life Parade, qu’il honore de sa musicale présence. Or vous commencez à le savoir, il n’y a pas de hasard. Surtout quand je vois le Don mixer tranquille, en dj set, sur son char, sourire aux lèvres, épanoui malgré un semblant de cernes qui dénotent une micro nuit.

 

La griffe Rimini

Et c’est un fait, Don Rimini, Xavier Gassemann dans le civil, mixe comme d’autres respirent. Ce truc c’est son oxygène, il baigne là dedans avec un naturel incroyable. En osmose. Une p’tite interview ??? Pas ce jour-là en tout cas, Clarisse et moi évacuons le QG de la Love Life Parade avant la fin des hostilités, et je rentre at home m’effondrer après 72 heures de marathon musical. Quelques jours se passent, on débute octobre, je négocie mes accreds pour le MaMA et là qui je vois apparaître sur le line up pour un dj set ???? La demande d’interview est partie dans les 45 secondes suivant cette révélation. Il n’y a pas de hasard.

La confirmation arrive la veille de l’entretien. Super, j’étais persuadée que je l’avais pas, il a fallu monter les questions en quatrième vitesse, et y avait de quoi faire vu le pedigree du loulou :

  • Un nerd auto proclamé (nerd, hein, pas geek, nerd, différence de taille) qui vous fouille la toile avec l’efficacité d’un Han Solo aux commandes du Millenium Falcon et y puise moult sources d’info et d’inspiration entre gaming (le mythique GTA lui procura ses premiers frissons de joueur), films (zombis, kung fu, …), vidéos, émissions, bref on peut le dire, Don Rimini est un peu une vigie de la toile et ça se sent largement dans son approche ;
  • Une carrière qui démarre en flèche en 2007 avec la trentaine (joli cadeau) et la sagesse d’une large expérience construite strate par strate de mix en rave party et soirées clubbing, de house en techno en hip hop,  depuis l’âge de 14 ans et sa première table de mixage (merci à sa grand-mère qui a financé la dite table pour un anniversaire, donnant ainsi corps à la vocation de son petit-fils qui avait par ailleurs piraté les platines du foyer parental) ;
  • Une formation d’ingé son studio à l’ISTS, et là aussi un choix heureux puisque que la source de cette maîtrise extrêmement poussée du son et de ses infinies possibilités (pour info le début de « Hools » est une détonation dont le Don va décliner les tonalités tout au long d’un morceau scandé d’un rythme fou) ;
  • Un premier EP ironiquement baptisé Time to panic qui fout joyeusement en l’air les codes de la dancefloor, pour imposer direct les règles du Don à la planète electro. Pour un coup d’envoi, il a direct tapé le crochet du droit et le KO.

La griffe Rimini ? 2 minutes environ pour placer le rythme, 2 minutes pendant lesquelles on ne sait pas trop où ce démon aux airs de petit garçon sage va nous mener avec ses samples vocaux et ses beats surchargés d’adrénaline, puis d’un coup la mélodie qui s’impose, aussitôt disloquée par un bombardement de distorsions qui partent dans tous les sens en feu d’artifice, soudainement soudées sur la mélodie qui s’épaissit et repart de plus belle avec des secousses plus puissantes que jamais. Et des voix, des paroles en boucle sur lesquelles l’ancien ingé son greffe l’ensemble (quand il ne part carrément pas de ça et de la base de données vocales dont il se sert régulièrement dans ses compos).

 

La redoutable osmose

Les tracks « A fortiori » et « Okay » marquent selon moi l’entrée en bourse du golden boy qui va enfoncer le clou avec Kick’n run et Absolutely Rad en 2008 (« Hools », pré cité, vous fonce dessus comme une charge de cavalerie tandis que « Sumo and Geishas » vous remue dans un shaker géant) et puis Nlarge your parties en 2010. En tout 4 EP drivés de main de maître comme des règlements de compte, sans aucune concession, et qui jonchent 5 années dédiées à une foultitude de mixes’n’ remixes, de collaborations avec des pointures du secteur, de DJset et lives à l’international, dont la dernière émanation aperçue à Marsatac marque le point d’orgue. Et un petit dernier actuellement en voie d’accouchement, puisqu’on attend les trois titres de Fear of missing out pour le 23 novembre.

Alors Don Rimini parrain des dancefloors ? Oui … mais pas que. Chaque morceau est un univers en soi (« All about » et ses tonalités Bollywood, « Riminology » et ses accents foxtrot, hommage au batteur fou Bernard Purdy), avec des clins d’œil tous azimuts et un sens certain de l’humour potache – nerd dans la captation des influences comme dans le choix de titres et de refrains très franchement décalés (« Whatever your sister is licking my nuts », grand moment de poésie – Monsieur, vous savez parler aux dames – , j’en pleure encore de rire sachant qu’à la base ces paroles d’une grande pertinence ont été inspirées par la réplique adressée à une amie instit du Don par une de ses élèves). Donc si je résume la situation, ce gars et sa p’tite gueule d’ange préparent leur coup en studio et attendent tranquillement de passer derrière les platines pour nous en coller plein la figure, avec un sourire entendu et l’étincelle qui irise alors des yeux azurés plein de malice et de fausse candeur.

Le genre de mec que je qualifie clairement de redoutable, car il vous fout une audience de 5000 personnes à genoux d’un claquement de doigts, sans forcer ni en faire des blindes, pour ressortir de là encore tout étonné d’avoir assuré le miracle. Et c’est ce même air d’étonnement que je trouve en arrivant à la Galerie W proche de Montmartre pour faire mon interview, il est 20h30, je laisse tout le monde souffler après l’émission radio qui a précédé. Les techniciens sont en train d’installer le matos pour le set. Nous nous posons tranquilles à l’étage, assis en tailleur entre les toiles de peintres contemporains, j’ai paumé mes questions et mes moyens (bah tant qu’à faire) que je retrouve rapido pour attaquer l’itw à l’impro (ça fait un mois que je lui cours après, à ce garçon, je vais pas me planter maintenant), avec en tête le pourquoi du comment du nom et du live, le mode de compo, quid d’un album, le passage du concert au DJset, et deux ou trois autres joyeusetés dont j’ai le secret.

Et le Don de se prêter au jeu avec une grande quiétude. Rencontre avec un parrain placide :

MAma 2012 : rencontre avec Don rimini by Générateurs d’étincelles

Merci 1000 fois et plus encore au Don pour son temps et ses précision, et à Alex Nebout qui a géré les échanges de mail.

 

Et plus si affinités

Pour avoir une idée de A live Odyssey en action :

http://www.youtube.com/watch?v=b6KUtBnAyKQ

 

http://www.donrimini.com/

http://www.facebook.com/donrimini

http://soundcloud.com/donrimini/tracks?format=html&page=1

 

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