La Main passe : d’un mari à l’autre, un vaudeville endiablé !

La Main passe
Photo extraite de la pièce La Main Passe, mise en scène par Pierre Mondy en 1972 et retransmise par l’émission Au Théâtre ce soir.

Quand il s’agit de laisser ses soucis au vestiaire pour se marrer un coup, il n’y a rien de tel que Feydeau et les déboires de ses volages personnages. Le mari, la femme et l’amant … qui devient lui-même le mari, alors qu’il est déjà marié … avant de se retrouver cocu ? Créée en 1904, La Main passe démultiplie la configuration propre à tout vaudeville, avec comme fil directeur une bourgeoise qui écluse les messieurs comme d’autres jouent à la marelle.

Un enfer à mettre en scène

Le texte est complexe, la dynamique endiablée, les gags multiples : bref cette pièce est un enfer à mettre en scène et à interpréter, y compris pour les rôles secondaires. Il fallait bien un Pierre Mondy pour en venir à bout et accoucher d’une version historique, immortalisée en 1972 par la caméra de Pierre Sabbagh pour l’émission Au théâtre ce soir. Et je vous vois venir : « 1972, le truc doit être bien moisi … » Eh bien non, bande de béotiens digitaux !

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Traumatisme canin et asperges amoureuses

Au contraire, ça dépote dés les premières minutes, la démence monte d’un cran à chaque scène, et le chassé-croisé amoureux tourne à la pantalonade assez rapidement, sur fond d’adultère, de beuverie, de traumatisme canin et d’asperges amoureuses. Le tout emmené par un casting flamboyant comme on n’en fait plus : Sophie Desmarets, Alfred Adam, Jean-Pierre Darras, Françoise Engel , Pierre Doris, Georges Montillier, Max Montavon, Daniel Prévost, Philippe Dumas , Christiane Muller, Annie Roudier, Jacques Balutin, Marc Dudicourt, Aimé Jean.

Un sens consommé du grotesque

Bref du beau monde, une interprétation au cordeau, bondissante, sans aucune fausse note et avec une diction parfaite, un sens consommé du grotesque et de l’excès assumé, en résumé, la trousse à outils idoine pour jouer Feydeau dans les meilleurs conditions. Le tout dans les décors acidulés de Roger Hart et les costumes si élégants de Donald Cardwell. Soit deux heures de pur bonheur scénique, un public conquis dés les premières répliques et le tout gratuitement diffusé sur la chaîne Youtube de l’INA qui partage ainsi ce joyeux fleuron du patrimoine audiovisuel et théâtral de la culture française.

Et plus si affinités :

https://www.youtube.com/watch?v=vwMmXIoZ5z8

https://madelen.ina.fr/programme/la-main-passe-0