Lydia Lunch : Déséquilibres synthétiques et autres vomissures verbales

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On ne présente plus la papesse du spoken word à l’américaine, druidesse punk shootée à la coke et au cul, adepte d’un SM de bon aloi, tentatrice absolue qui traque la perversion au tréfonds des autres comme d’elle-même. Édité en 2010 au Diable Vauvert, Déséquilibres synthétiques tente de restituer la verve corrosive de cette artiste polymorphe exceptionnelle.

Virginie Despentes, Wendy Delorme et Busty se mobilisent pour effectuer la traduction de cette tempête rédactionnelle, et elles en sont pas trop de trois. Car il faut au moins ça pour retranscrire dans la langue de Molière la verve enfiévrée et coléreuse de ce perpétuel volcan féminin qu’est Lydia Lunch. Ici l’éruption est constante, dans ce florilège de textes où l’auteure se livre, évoquant son enfance malmenée (litote) par un père ivrogne et violeur, une mère brutale et absente. Des désaxés complets qui vont planter bien profond la déviance solaire d’une enfant vouée à la lutte et à la dénonciation.

Lydia la rebelle hurle sa rage, sa frustration, en des mots dégueulasses et glorieux, cherchant dans ses amours, son quotidien, ses rencontres artistiques le parfait reflet de ses angles morts. Elle ne mâche pas ses mots, elle les éructe, avec la fierté des déesses vengeresses qui crachent leur venin. Et un humour incroyable, notamment lorsqu’elle parle de maternité ou de l’hypocrisie religieuse de l’humanité. Virago punk bien campée dans sa démesure, on sent la fille épanouie qui ne veut pas l’admettre, heureuse dans ce déséquilibre entretenu.

Sa rencontre avec Ron Athey, chantre du bod mod, de la scarif et de la performance SM, vaut le détour, par l’originalité des questions posées, le lien immédiatement tissé entre ces deux hydres. On sent le besoin de vivre sa vie, jusqu’au bout de fantasmes, de désirs assumés, savourés malgré leur violence, leur marginalité. Extrêmement dérangeante de prime abord, l’écriture de Lunch est exutoire, une bouffée d’oxygène nauséabond certes, mais cela reste de l’oxygène quoi qu’il en soit, une énorme bouffée de vie.

Et plus si affinités

http://audiable.com/boutique/cat_litterature-etrangere/desequilibres-synthetiques/

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