Lupin – Dans l’ombre d’Arsène : un cocktail bien tonique … et des perspectives alléchantes !

Lupin - Dans l'ombre d'Arsène
Affiche de la série Lupin – Dans l’ombre d’Arsène

« Premier au top 10 des séries les plus vues dans une dizaine de pays ». Dixit 20 minutes le 11 janvier 2021. A peine diffusé, Lupin – Dans l’ombre d’Arsène a fait un carton, confirmant la force d’impact de Netflix … et son flair. Scénario, casting, esthétique, cette série inspirée du fameux gentleman cambrioleur inventé il y a un siècle et demi par Maurice Leblanc séduit visiblement une audience à l’internationale. Beaucoup adorent, certains détestent. Et The ARTchemists dans tout ça ?

Modernité et diversité

Eh bien sans aller jusqu’à se pâmer frénétiquement d’extase, on a apprécié la chose, qui s’avère un bon divertissement. Et déjà le pitch : un jeune et beau cambrioleur marche dans les traces de son héros littéraire, avec comme objectif de venger un père compromis dans une histoire de cambriolage bidon. Le tout avec force rebondissements, des méchants bien méchants, des donzelles éprises du héros, une pincée d’humour … bref ça passe crème, avec en prime le petit cliffhanger final.

On ne s’ennuie donc pas, d’autant que l’heure est à la modernité et à la diversité. Notre Lupin bis est sénégalais d’origine, cultivé, psychologue, connecté, amoureux, séducteur, inventif, et particulièrement efficace. Ce qui nous change des personnages de couleur habituellement cantonnés au stade du rappeur/dealer/voyou/terroriste. Il était temps ! Omar Sy, qui endosse le rôle d’Assane, tape juste et fort, comme à l’accoutumée (cf son jeu dans Nos Jours heureux, Intouchables ou Tellement proches), et ça fait du bien de le voir évoluer dans ce registre avec un plaisir évident.

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L’amour des livres

Autre point fort de la série : l’amour des livres, de la littérature. C’est le fil directeur du scénario, le point fort du protagoniste principal, qui a reçu une excellente éducation et conçoit une véritable passion pour l’univers de Leblanc dont il cite des passages entiers de mémoire. Un amour qu’il a hérité de son père et qu’il transmet à son propre fils. Face à lui, parmi des policiers sans aucune culture, un jeune flic (Soufiane Guerrab) également dingue d’Arsène Lupin, qui comprend très vite comment fonctionne ce cambrioleur hors pair, et se met à le traquer.

Le tout donne un cocktail bien tonique … et des perspectives alléchantes. On connaît la force de frappe de Netflix qu’on peut désormais considérer comme l’un des prescripteurs phares de ce début de siècle, en témoignent les retombées marketing de la série Emily in Paris (explosion des achats de chapeaux et bérets) ou de Le Jeu de la dame, qui a relancé la mode des échecs. Lupin – Dans l’ombre d’Arsène va-t-il booster la vente des romans de Leblanc ? Il y a de fortes chances. Mais il pourrait faire plus : rendre la culture et la littérature séduisantes auprès de jeunes publics qui ne s’y prêtent guère.

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Mixités stylistiques

Petites cerises sur le gâteau qui confirment cette volonté d’ouverture culturelle :

  • Le mélange de tendances stylistiques, au niveau du scénario drivé par George Kay, également à l’œuvre sur Criminals et Killing Eve, et François Uzan impliqué dans Family Business, et de la réal emportée sur les trois premiers épisodes par Louis Le Terrier, à qui l’on doit Le Transporteur et Insaisissables, entre autres, puis par Ludovic Bernard qui a travaillé avec Besson et Sonnefeld, enfin par la chilienne Marcela Said qui a signé le documentaire I love Pinochet avant d’aller travailler sur Narcos-Mexico.
  • Les séquences tournées au marché Biron, haut lieu des antiquaires des Puces de Saint-Ouen, les différentes scènes dans les salles du Louvre, avec l’inimitable sourire d’Omar Sy contemplant La Joconde avec Les Noces de Cana de Veronese en arrière plan.
  • Parmi les acteurs inscrits à l’affiche, Nicole Garcia actrice française incontournable, Anne Benoit formée par Antoine Vitez, Hervé Pierre et Bérengère Dautun de la Comédie-Française, Fargass Assandé, figure de proue du théâtre africain, Adama Niasse, issu des Ateliers Gérard Philippe et qui s’est singularisé dans L’affaire SK1.
  • Et puis l’image forte de ce gamin métis, qui lâche sa console de jeu et son écran de smartphone pour se dévorer un monument de la littéraire française avant d’aller célébrer l’anniversaire de Maurice Leblanc sur la plage d’Etretat, avec son chapeau haut-de forme et sa cape noire.

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Bref, en cinq épisodes énergiques, Lupin-Dans l’ombre d’Arsène balaye les a-priori et fait passer le message : la culture est à tous. A chacun de s’en emparer pour en faire un chemin de vie. Et cela devrait engendrer bien des vocations. Bref, Netflix va-t-il concurrencer les profs de français dans la diffusion de notre patrimoine littéraire auprès des générations futures ? A mesurer dans les temps à venir, et avec la suite de la série que nous attendons avec impatience.

Et plus si affinités

https://www.netflix.com/fr/title/80994082