Lundi Jeudi : Je me souviens …

lundijeudi5-Lionel Hoche-©Agathe Popeney

« Personne ne sait ce que j’étais, non personne ne sait ce que j’ai fait. Personne ne sait mon imparfait. J’ai tout oublié ». Sur les paroles de la méconnue chanson des Rita Mitsouko « Amnésie », extraite de leur premier album éponyme, se clôt lundijeudi, solo chorégraphié et interprété par Lionel Hoche. Une chanson sur l’oubli et la méconnaissance… et pourtant aucun des spectateurs qui applaudit chaleureusement au moment du salut ne pourra dire, à la sortie de ce spectacle, méconnaître la carrière de Monsieur Hoche.


Sur le mode du Je me souviens, il passe en revue les trente dernières années de sa riche carrière artistique. On y croise pêle-mêle Claude Bessy, tyran que les Petits Rats aiment (ou détestent) vénérer – au choix  Jiri Kylian et Willam Forsythe, Daniel Larrieu … Une histoire de la danse, forcément incomplète et subjective, est à l’œuvre dans ce lundijeudi, petite semaine tronquée comme l’est cette histoire parcellaire, personnelle et achronique, sautant de 1997 (création de Volubilis, où l’équipe se motivait au son du technoïde « King of My Castle » de Wamdue Project) pour revenir à l’école de l’Opéra Garnier en 1978 et enfin nous plonger en 1987.

lundijeudi4-Lionel Hoche-©Agathe Popeney

A la manière dont il déplace (éjecte, fait corps) les objets qui occupent la scène (chaises, pupitre, pieds de micros, valises et chaussures …), Lionel Hoche picore de ci-de là dans sa bio pour dresser un pertinent et touchant portrait d’artiste. Il propose par là-même, en filigrane, un état des lieux sans concession de la profession. Audition, production, diffusion, communication, ovation… tous les –tion qui gravitent autour de cette sacro-sainte Création. Lionel Hoche nous invite ainsi dans les coulisses de son métier. On y apprend la chance d’être artiste-résident d’un lieu « bien doté » financièrement (en l’occurrence l’Opéra de Saint-Etienne) tout en s’affolant du cahier des charges inhérent et « chargé » du chorégraphe, accablé par les missions (« je ne suis que projet »). On devine aussi le léger snobisme du milieu (jaugeant tel accueil-résidence à l’aune de sa situation géographique, notamment.). Tout un univers, toute une mentalité s’exposent sous nos yeux.

lundijeudi-Lionel Hoche-©Agathe Popeney

Œuvre totale, lundijeudi est une revue existentielle. Revue dans le sens où l’on y danse, chante, joue. Et à ce jeu là Lionel Hoche assure : joli brin de voix, jeu parfait (on goûte cette audition foireuse, où chorégraphe vieillissant et conscient que ses variations 90’s datent un peu, Lionel Hoche en profite pour tacler, lors de la reprise de rôle, une nouvelle génération de danseur pour la moins dilettante). Tears for Fears, A Chorus Line, Propellerheads… côté son, lundijeudi envoie du lourd. Tout comme les costumes, nombreux et délirants (à la manière de sa dernière création, jeune public, M.M.O actuellement en tournée), aussi nombreux que ces paires de chaussures qui jonchent le sol de la scène et résument à elles seules tous ces rôles qu’on enfile durant une carrière de danseur. Toutes ces histoires que l’on vit.

6

Non décidément Lionel Hoche n’a rien oublié de son passé, de son imparfait. Avec talent et énergie il nous le fait partager. Et c’est un pur bonheur !

Et plus si affinités

http://www.lionelhoche.com/

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