Longueur d’ondes : 35 ans de jeunesse musicale militante

Ah le militantisme ! La grosse question à la mode, le mot clé, rabâché lors de ces dernières élections présidentielles, vite oublié à l’heure des législatives … bah oui, c’est que c’est dur d’être militant, ça demande de la constante, de la rigueur, une volonté sans faille, de la passion chevillée au cœur et au corps. En la matière la team de Longueur d’ondes est bien située, et son vaillant capitaine encore plus. Au soir de ses 35 ans d’activisme musical, Serge Beyer sillonne le Pan Piper avec la quiétude totémique d’un vieux chef sioux, sûr de son flair, de ses troupes et de ses choix de vie. 35 ans : un bail ! A l’heure où la presse papier fait la gueule, où les sites web musicaux rendent l’âme, Beyer le Convaincu et sa bande de rédacteurs bigarrés vont leur chemin, pas forcément tranquille (l’édition magazine est un sport extrême) mais solides sur leurs jambes de compétiteurs.

35 ans à sillonner festivals et concerts, à écouter disque sur maquette, à trier le bon grain de l’ivraie mélodique et placer en serre les jeunes pousses qui feront les grands groupes de demain.Quand on voit le palmarès des couvertures de LO on saisit vite que Beyer a la main très verte, et on s’étonne que ce type si doux dans son approche mais ferme dans ses certitudes n’ait pas lancé sa propre écurie de course, son label ou sa boite de prod. Dans une autre vie peut-être ? Il en a déjà vécu pas mal, une de plus ne devrait pas lui faire peur, d’autant qu’il a le flair pour concocter de beaux line up aussi punchy qu’équilibrés sans pour autant céder aux concessions d’une mode auditive malheureusement aussi plate qu’un trottoir par temps de pluie.

Pour preuve de cette constance dans le reniflage de talents en bouton, ce samedi 10 juin au soir, La Pieta et No one is innocent se partagent les planches pour deux lives particulièrement échevelés. Une manière de boucler une des multiples loops qui composent l’ADN du mag, puisque La Pieta vient tout juste d’exploser dans le sillage de LO quand No One a fait partie des premiers trophées de Beyer, il y a trois décennies de cela. Entre le combo confirmé et le trio tout juste adoubé aux Inouïs du Printemps de Bourges, une longue lignée d’artistes brillantissimes, fleurons de la musique actuelle hexagonale, qui tous portent LO dans leur coeur avec un respect mérité et une fidélité sans faille. Beyer n’a qu’à demander, et tous rappliquent pour participer à la fiesta, devant un parterre d’aficionados tout aussi impliqués.

Une loyauté conquise à la force de la plume et de la qualité. Beyer et sa troupe continuent ainsi de cultiver le beau jardin de la musique française toutes tendances confondues, véritable activateur d’une vie culturelle aujourd’hui essentielle. Ce faisant ils ne font pas que repérer des talents, ils éduquent par ailleurs un public en constant renouvellement. Car l’analyse d’un morceau, le développement d’une oreille, cela s’acquiert, avec le temps, l’expérience répétée, beaucoup d’humanité et d’humilité par ailleurs, et une pointe de malice. Et ce sentiment de solidité doublé d’une adaptabilité perpétuelle.

Depuis notre rencontre en 2012 au Printemps de Bourges, lors des 30 ans du mag, régulièrement à chaque festival, chaque soirée où nous nous croisons, Serge Beyer arbore ses cheveux mauves, sa barbe de sage et ses chaussures d’ange avec un calme et une aisance rares, des plus appréciables, en totale contradiction avec les spasmes d’un secteur plutôt nerveux, dont il apaise les tensions avec une recette miracle : son incroyable savoir faire doublé d’une conviction inébranlable dans la force d’engagement de la musique. La magie opère depuis 35 ans … et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Et plus si affinités

http://www.longueurdondes.com/

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