L’Hôtel du libre échange à la Comédie Française : humour et trahison !

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La très célèbre et classique Comédie Française accueille le très célèbre mais beaucoup moins classique Feydeau, avec la mise en scène de L’Hôtel du libre échange par Isabelle Nanty : une comédie en trois actes qui s’amuse des vices et des tromperies de ses protagonistes. Entre vaudeville et mélancolie, le rythme haletant de la pièce nous fait découvrir ces personnages attirés par le risque de l’adultère au dépend du confort douillet mais assez ennuyeux de la fidélité maritale.

Précisons tout d’abord que Feydeau et Desvalliere signent là un véritable succès, dés la première en 1894 et pendant les 279 représentations suivantes. Isabelle Nanty nous en livre une version cinglante et drôle, sans jamais devenir vulgaire ou déplacée, c’est bien ça le secret de la Comédie Française ! Durant deux heures et demi de spectacle frénétique, nous assistons au jeu de tromperie des personnages. Monsieur Pinglet, lassé de sa femme, s’éprend de Madame Paillardin, l’épouse de son ami, elle-même déçue par son union. Un seul endroit pour se retrouver et consommer : l’Hôtel du Libre échange ! Voici l’unité de lieu qui cautionne tous les vices humains. Discrétion absolue de l’établissement, mais c’est bien évidemment sans compter sur la malice ingénieuse de l’auteur : tout ce petit monde va ainsi se retrouver au même endroit lors de la même nuit.

Les costumes et les décors signés Christian Lacroix nous subjuguent. Le styliste métamorphose cet hôtel de rencontres en maison de poupées où le spectateur espionne simultanément l’intimité de chaque chambre. Ces décors ne sont pas seulement beaux, ils servent parfaitement la pièce, ils subliment le jeu des acteurs. Le spectateur voyeur est ainsi presque omniscient. Rien ne lui échappe, le burlesque peut s’exprimer avec intelligence et finesse. Les personnages ne sont pas des caricatures, ils possèdent un caractère, une histoire et Isabelle Nanty les rend profondément touchants. Feydeau est toujours un peu dur avec ses propres personnages. Le rire chez lui est souvent cynique. Dans la mise en scène de Nanty, il y a pourtant beaucoup de poésie, de légèreté. De plus la distribution permet un rendu très réussi : Anne Kessler et Florence Viala interprètent des épouses délaissées oscillant entre leur vengeance et leur obligations de femmes mariées. Michel Vuillermoz incarne un Pinglet drôle, se laissant prendre à son propre stratagème. Quant à Laurent Lafitte, il campe devient un étonnant gérant d’hôtel ayant la haute main sur la perversion qui y règne.

Ainsi Isabelle Nanty révèle un Feydeau plus sensible, voire plus humain. Le rire s’invite pendant plus de deux heures dans la salle Richelieu. Une version dépoussiérée et réussie pour conjuguer s le vaudeville d’une manière plus moderne !

Et plus si affinités

https://www.comedie-francaise.fr/fr/evenements/lhotel-du-libre-echange

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