La putain et le sociologue : Luc Bondy illumine les Célestins

Un des évènements les plus attendus de la magnifique saison aux Célestins : Les Fausses Confidences de Luc Bondy est à la hauteur de nos espérances. Marquée par un magnifique trio, cette œuvre rassemble Luc Bondy, Isabelle Huppert et Louis Garrel. Marivaux nous fait toujours autant rire et sourire devant ces personnages vivant « le mystère de l’amour ».

L’histoire est simple et se résume en une phrase : Dorante, beau et sans argent, aime Araminte, riche et veuve. L’intrigue n’est jamais très angoissante chez Marivaux, tout se termine toujours par un mariage. C’est le cas ici, mais il va falloir user de nombreuses ruses pour parvenir à ses fins. Le stratagème est le fonctionnement des personnages, le quiproquo est omniprésent et la limite entre la réalité et l’illusion se fait de plus en plus mince. On s’aime, on se séduit, chacun joue un rôle qui deviendra peut-être même une façon de vivre.

La mise en scène est magistrale et pleine d’humour. Luc Bondy metteur en scène, acteur et réalisateur suisse, est directeur du théâtre national de l’Odéon depuis mars 2002. Ici il actualise l’œuvre de Marivaux en nous montrant une Araminthe moderne et mondaine, incarnant la féminité de son temps. Loin de l’aristocratie du XVIIIème, celle-ci se perd dans ses escarpins avant son cours de Tai-chi. Femme indépendante et mature, elle subit tout de même l’autorité maternelle sans réussir à s’affirmer. Maîtresse de ses sentiments, elle réussit un parfait contrôle de ses sentiments. Cependant, le beau Dorante aura raison de sa morale, de son côté autoritaire et de son refus d’aimer.

Isabelle Huppert et Louis Garrel avaient déjà été réunis dans le film Ma Mère de Christophe Honoré. L’alchimie parfaite entre ces deux acteurs talentueux opère à merveille. Huppert égérie de Claude Chabrol retrouve donc Garrel fétiche de Christophe Honoré. Le pari est réussi, comme dans Marivaux, on oublie la différence d’âge et on se surprend à vivre avec Dorante sa quête de l’amour. Le spectateur rit de toutes ces situations de quiproquo, les stratagèmes nous enchantent. Avec une écriture simple et ciselée, Marivaux traduit des sentiments complexes, vécus par des acteurs talentueux.

Ainsi, Luc Bondy nous séduit par une magnifique mise en scène. Faisant revivre Marivaux, on rit et on sourit pendant les deux heures de spectacle. Ici nous ne sommes pas dans l’analyse de grands sentiments amoureux mais plus dans la genèse d’un amour naissant. La pièce se focalise sur la naissance d’un désir et la possibilité de l’induire. Plus qu’un grand amour passionnel, on voit ici une veuve retrouvant gaieté et légèreté.

Et plus si affinités

http://www.celestins-lyon.org/index.php/Menu-thematique/Saison-2013-2014/Coproductions/Les-fausses-confidences

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