Les Espionnes racontent : 007 au féminin ?

Smoking, fleur à la boutonnière, holster bien garni et sourire séducteur : il n’y a pas à dire, le James bond de Ian Fleming a fait des dégâts dans l’inconscient collectif. Certes Le Bureau des légendes est depuis passé par là, réajustant à peine la réalité du métier d’espion. Mais il va en falloir des expositions, des bouquins et autres analyses pour repositionner les fondamentaux du renseignement. A ce titre, la websérie animée Les Espionnes racontent mérite d’être consultée avec attention.

Ces six épisodes express évoquent les rencontres vécues par la journaliste Chloé Aeberhardt, alors qu’elle préparait un livre sur l’espionnage au féminin. Des rencontres avec des dames donc, en leur temps agents de renseignement pour d’augustes institutions comme la DST, la CIA, le KGB, le Mossad, la Stasi … Une manière assez surprenante de pénétrer les arcanes de missions aussi dangereuses que palpitantes et qui en disent long sur les impératifs de la fonction.

Le secret donc, la patience, l’observation, un brin d’ingéniosité, beaucoup de rigueur, de courage, et savoir garder son calme dans des situations souvent incontrôlables. Rien à voir avec les danses séductrices de Mata Hari. Quant à la vie de famille, on oublie, ou alors on s’en sert comme couverture pour infiltrer l’ennemi. Techniques de manipulation, exfiltrations hollywoodiennes, sens de la psychologie … le tout dans une atmosphère de guerre froide et une société un brin misogyne.

On appréciera la synthèse opérée par la réalisatrice Aurélie Pollet au travers du récit dans le récit, la manière dont la narratrice se retrouve elle-même dans une situation d’enquêtrice obligée d’agir comme celles qu’elle interroge, et le côté dessin animé ponctué d’informations sur les relations diplomatiques, le fonctionnement des agences d’espionnage. En somme un véritable cours d’Histoire moderne, boostée par une réflexion sur le féminisme.

Et plus si affinités

https://www.arte.tv/fr/videos/RC-017940/les-espionnes-racontent/