Les contes des 1001 séries : Lipstick on your collar … amourettes rock et Guerre Froide

Pas de panique ! Si je prends la plume ce soir, chers lecteurs de mon cœur, c’est qu’à l’heure qu’il est, notre Mr Q. national gît, les mâchoires en feu, codéiné à l’extrême après une extraction de dents de sagesse qu’on imagine musclée.

Anesthésie oblige, il est dans les choux, not’loulou, vautré sur son canapé, un bac de sur les genoux, histoire de calmer la douleur. La panoplie parfaite donc pour se caler une bonne petite série, histoire d’oublier sa peine. Alors Mr Q. puisque te voilà réduit au silence par les bons soins de ton dentiste, j’en profite pour jouer les revanchardes de service et te rappeler que j’ai encore quelques bribes de culture télévisuelle qui sommeillent en moi.

Tu m’as infligé tes séries américaines, tu as enquillé avec Misfits et le show TV à la britannique … erreur à ne pas commettre ! Car les natifs d’Albion sont beaucoup moins perfides quand il s’agit de série, et en prime j’adore leur esprit et leur créativité. Ils ont de l’imagination à revendre, les british, (un peuple capable de produire Shakespeare, les Ex pistols, les Monty Python et Shaun of the dead, … respect immédiat !). Misfits n’est qu’une pâle preuve de leurs compétences si on compare avec la série archi mythique Lipstick on your collar.

Dennis Potter signe le scénario en 1993 reprenant en titre la célèbre chanson de Connie Francis. La série sera programmée sur Channel 4 (déjà !) et va faire pas mal de bruit. Et pourcause : nous voici en 1956, en pleine crise du canal de Suez. Deux jeunes garçons font leur service en tant que fonctionnaires au ministère de la guerre. L’un est un intello de première, timide, la raie sur le côté, obéissant, bégayant, … L’autre est un rockeur de première bourre, batteur pendant son temps libre, la gouaille cockney et la banane en plus. Tous les séparent hormis le bureau qu’ils partagent.

Et justement ils s’ennuient fort dans ce bureau où se joue le sort du monde, plongé dans l’une de ces crises typiques de la Guerre Froide. Ils regardent leurs supérieurs stresser, perdre les pédales (le chef de bureau est absolument incroyable en vieux gentleman dépassé par les évènements) et laissent soudainement dériver leur imagination en des rêveries par delà le cocasse. Le tout sur fond de rock’n roll et de petites pin up. Petit échantillon :




Construit sur le principe des poupées russes chères à Strehler, le scénario superpose l’intrigue vécue par les personnages (chassés croisés amoureux et problèmes sociaux) avec le cours de l’Histoire, le tout sur un tableau des mœurs londoniennes 50’s. C’est drôle, léger, superbement joué, ça permet de réviser son histoire et ses classiques rock en s’amusant. Bref c’est idéal. Et cadeau bonux pour vous messieurs, la pulpeuse Sylvia Berry, pour vous mesdames, Ewan Mc Greggor qui débutait alors sa carrière sur les chapeaux de roue.

Aussi plutôt que de souffrir en silence, Mr Q., regarde ça, tu vas te régaler. Et pour la glace, prends fraise, couleur rouge à lèvre !

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