Le MLF is still alive !! et Simone veille… 

Vous trouvez les féministes chiantes, hystériques, castratrices, donneuses de leçon ? Alors ce spectacle est fait pour vous. Mais on vous aura prévenu : ça dépote, c’est truculent, sans jamais tomber dans le pugilat anti mec et surtout sans se prendre au sérieux. 

Et tout y passe à la « Moulinex » (marque phare de la pièce qui « libère la femme ») : la pilule, les tampax, Adjani et le port de la jupe, les 343 salopes (et le florilège d’autres noms en …asse attribués aux femmes), le body des années 90, la libération de la libido, le droit de jouir, j’en passe…. 

Un rythme endiablé

Les 4 comédiennes impeccables, Nathalie Portal, Hélène Serres, Vanina Sicurani et Marie Montoya, sont tour à tour déchaînées, excessives, et désopilantes. En digne héritières de Simone Veil, elles font vivre 3 personnages de femmes sur 4 générations, soit 12 personnages en tout, des années 50 à nos jours, dans une mise en scène au rythme endiablé. Cela donne lieu à une galerie de portraits au vitriol !

La secrétaire du patron, l‘ouvrière pondeuse d’enfants, la féministe grande gueule, la coach homo, ou encore sa copine qui va se faire inséminer en Espagne … Bref un condensé d’humour et d’esprit, interrompu par une Marie Montoya irrésistible dans son rôle de Simone nunuche et cabotine qui s’empiffre de Marshmallows. Le public est aux anges et en redemande, elles jouaient ce soir-là leur 756ième représentation !         

Un troussage de jupons qui ne passe pas

« Tout  a commencé lors de l’affaire DSK, explique Hélène Serres, quand un journaliste (Jean François Kahn NDLR) affirme « ce n’est qu’un troussage de domestique, pas plus », ça nous a donné envie de faire un état des lieux de ce qui se passe pour les femmes aujourd’hui. N’oublions pas qu’il y a encore 40 ans, une femme ne pouvait pas boire un café seule dans un bistrot ! » L’occasion d’aborder dans un texte jubilatoire écrit à 5 mains, des avancées qui paraissent aujourd’hui comme acquises.

Acquises oui, mais de haute lutte ! Car qui se souvient qu’à une certaine époque le port du pantalon était interdit pour les femmes en France, interdiction levée en 1909 mais à condition que les femmes tiennent à la main un vélo et un cheval (!). Ce n’est qu’en 2013 (oui oui, 2013) que le ministère des droits de la femme abroge cette loi, même si, (on vous rassure), le code du travail permet toujours à l’employeur d’imposer la jupe. 

. et Simone veille.

Autre exemple cité dans la pièce, dans les années 50, la femme doit encore demander l’autorisation de son père pour se marier, de son mari pour divorcer et si elle le trompe c’est la prison, entre trois mois et deux ans ! Monsieur bien sûr, dans le même cas de figure, n’écope que d’une amende. « Aujourd’hui, les droits des femmes sont évidemment plus respectés mais attention à l’oppression sourde, prévient Corinne Berron, co-auteur de ce spectacle, une forme plus insidieuse et aussi plus difficile à combattre .»

Heureusement, en 60 ans, la libération de la femme a fait du chemin, merci qui ? Merci Simone ! (eh oui encore elle). L’immense Simone Veil qui est venue voir la pièce il y a quelques années : « c’était un moment très émouvant pour nous » se souvient Vanina Sicurani, « elle est arrivée avec ses deux fils et nous a félicités à la fin ». La consécration pour ces comédiennes qui nous donnent envie à nous aussi de dire à cette grande dame, «  merci d’avoir fait d’une femme », tout simplement « une personne ».

Et plus si affinités

http://www.theatredelacontrescarpe.fr/et-pendant-ce-temps-simone-veille-com%C3%A9die-de-femmes-1

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