L’ eSport fait vivre : « tu seras gamer mon fils ! »

Il y a vingt ans à peine, cette seule perspective était juste inenvisageable, parents et enseignants étant trop occupés à éloigner leur progéniture de consoles diabolisées, avec en tête un seul crédo : « Le jeu vidéo, c’est le Mal !!! ». Aujourd’hui changement de registre : avec 100 millions de joueurs connectés par mois, des sportifs de haut niveau payés 25 000 euros sur certains tournois, des équipes achetées très cher par des clubs de foot, l’eSport est en train de se tailler la part du roi … et du ROI. Car le retour sur investissement est conséquent, à l’heure d’une reconnaissance planétaire.

Vous en doutez ? Visionnez donc les dix épisodes de la websérie L’eSport fait vivre propulsée par ARTE France et Bigger than fiction sous la houlette du réalisateur Clément Vallos. En cinquante minutes, ce dernier met cette profession émergente en coupe réglée, passant au scan les forces et les failles d’un secteur en supra-expansion, qui attire toutes les convoitises. Le discours est précis, les problématiques posées clairement et sans en faire des tonnes, avec cette rigueur rentre dedans propre aux gamers.

Développement et impératifs mentaux et physiques du métier, prise en main du vide juridique par les pouvoirs publics, objectifs des sponsors et logique du business, émergence des équipes féminines, constitution de média dédiés, tout y passe, dans un rythme effréné boosté par l’arrimage de chaque thème à la frénésie de l’IEM (Intel Extreme Masters pour les intimes), la plus grosse compétition du genre organisée à Katowice en Pologne.

Byebye l’image du geek boutonneux bouffeur de pizza et associal : ces athlètes s’imposent comme des stars, connaissent des problématiques similaires, des succès semblables à cette différence près que le gaming, tout le monde y a accès sans aucune restriction musculaire, sanitaire, genrée, générationnelle ou géographique, le tout pas le biais de la magie internet. Du coup la télé zieute dessus avec une concupiscence certaine, tout comme l’industrie classique du sport, chacun visant à récupérer ce jeune public de digital natives.

A moins que ce ne soit l’inverse qui se produise et que l’eSport ne colonise ces modes de fonctionnement à la papa, révolutionnant au passage notre conception du divertissement et de la vie en général ? A voir, à l’heure de bouleversements technologiques de fond, aucun des acteurs du secteur ne sait de quoi demain sera fait ; tous néanmoins ont conscience qu’ils participent à l’Histoire. Et ils n’ont pas tort.

Et plus si affinités

http://www.arte.tv/fr/videos/RC-014293/lesport-fait-vivre/

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