Juda : oeil pour oeil, croc pour croc …

Juda est jeune, mignon, israélien, doué au poker, un embrouilleur de première, un menteur patenté, un dragueur impénitent … bref un p’tit con et un nid à problèmes. Pour lui et les autres. Et son voyage en Roumanie pour jouer la partie de sa vie va encore lui attirer un peu plus d’ennuis, de gros gros ennuis. Car non seulement on lui pique les deux millions qu’il vient de gagner à la sueur de ses cartes, mais en prime il se fait mordre par une magnifique et mystérieuse rousse… et se transforme en vampire … Autant dire que le retour en terre sacrée va être rock’n roll.

Voici en substance le pitch de la série Juda réalisée et interprétée par Tzion Baruch, produite par Altice Studios et diffusée sur Hot. Et il faut bien l’avouer, les mésaventures du personnage éponyme accrochent rapidement l’attention, pas leur originalité. Car il y a un hic et de taille : Tania, en s’en prenant à Juda, ne savait pas qu’il était juif ; or, les vampires, depuis toujours ont interdiction formelle de s’en prendre aux pratiquants de la religion hébraïque et à leurs descendants ; ce serait leur fin.

Du coup, c’est la panique dans le camp vampirique qui a huit jours pour mettre la main sur le fugitif et le liquider, sinon c’est toute la race vampirique qui risque d’y rester. Huit jours, c’est également le délai que s’est donné Mr Jacques pour dénicher ce sale petit morveux qui lui a tiré le fric qu’il lui avait demandé de miser pendant cette partie de titan. C’est aussi le temps dont disposent un obscur rabbin et son acolyte pour retrouver Juda et le protéger de lui-même, lui éviter la métamorphose fatale.

Le tout avec en prime les flics aux fesses, qui cherchent à élucider le mystère de ces corps de ressortissants retrouvés exsangues, apparemment attaqués, mordus et saignés à blanc … par ce qu’ils pensent être, à tort, des singes. Vous l’aurez compris, Juda va prendre très cher durant une semaine, pendant laquelle il explore ses nouveaux pouvoirs en résistant par tous les moyens à l’appel du sang. Et fait le point sur la vie de merde qu’il menait jusqu’alors, règle les vieux comptes, fait la paix avec les autres et surtout avec lui-même. Bref grandir, devenir un homme, découvrir l’amour avec un grand A, prendre des responsabilités, protéger ses proches …

Avec autant de jugeote que d’humour et de sensibilité, Tzion Baruch déroule ici une série haletante, qui prend doucement mais surement son rythme de croisière, confrontant la culture du thriller mordant et l’analyse des textes biblique. Une originalité pour le moins surprenante : ce n’est pas tous les jours qu’on voit un rabbin partir chasser Nosferatu, et rien que pour ça, Juda vaut d’être vu. On appréciera également la musique, et surtout l’ingéniosité à l’œuvre, le réalisateur arrivant à donner une cohérence au récit et à l’atmosphère avec finalement peu de moyens, mais utilisés à bon escient.

Bref si vous avez aimé Snatch, Under World, Yentl et Mise à prix, et que vous adorez les deus ex machina bien fracassants, il y a des chances que Juda ne vous laisse pas indifférent …

Et plus si affinités

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