Joséphine Ose : « Alain Bashung sors du corps de Bridget Jones »

L’idée paraît saugrenue, et pourtant … Pas un hasard si Joséphine ose, inversant la logique imprimée dans la chanson de Bashung pour donner la parole à son héroïne. Joséphine … au civil Joséphine Draï, c’est elle :

Pas forcément un super model, mais loin loin loin d’être un laideron. Pleine d’humour, pétillante de vie, belle d’intelligence, éclatante et déterminée, en quête du grand amour, de reconnaissance, d’un job convenable, désireuse d’avoir sa petite part de bonheur comme nous tous en ce bas monde sans pour autant sacrifier son identité aux modèles dans lesquels on s’obstine à nous étouffer. Et cette révolte, la demoiselle n’a pas son pareil pour la clamer haut et fort …

… à la radio “On va tous y passer” sur France Inter, c’est pas rien :

On va tous y passer – Joséphine DraÏ- « Muse de… par franceinter

… sur le web qu’elle arrose de ses facéties :

Et sur scène bien sûr, avec un spectacle qu’elle vient de parachuter au théâtre du Petit Hébertot :

Artiste complète donc, qui sait très bien rebondir d’un media à l’autre pour s’imposer en force et raconter avec un humour irrésistible, beaucoup d’à propos et de répartie nos petits travers d’humains modernes perdus et incapables de communiquer. Les raconter et les chanter. Et c’est là tout l’intérêt et le subtil talent de la donzelle. Démonstration avec ce florilège de l’album qu’elle se prépare à sortir :

En effet si les sketches et les parties parlées du spectacle sont d’une ironie décapante, menés bille en tête par cette walkyrie déguisée en princesse de conte de fée, les chansons elles se chargent d’une émotion, d’une amertume qui dévoilent toutes les failles et les tristesses de cette petite âme en demande d’amour. « I am human and I need to be loved » pleurait Morissey de The Smiths sur le lamento de guitare de “How soon is now ?”. Notre petite Joséphine, sous ses airs délurés, chante la même faim d’amour, cet aliment sans lequel nous ne pouvons vivre.

Elle l’habille de rire, le travestit d’humour, de détachement et d’autodérision, mais les chansons régulièrement viennent dévoiler ce qui se cache derrière ce masque. La chose est entendue, c’est de confession qu’il s’agit et avec cette mise en abîme perpétuelle, le spectacle se pare d’originalité et d’une sincérité qui témoigne de la grande finesse de l’artiste. A voir comme un moment de détente certes, mais en ayant toujours en perspective cette ouverture ténue, magique et pudique sur la femme fragile sincère sommeillant dans les replis de la jeune fille délurée, comme dans un confortable refuge, une carapace protectrice, une armure d’assaut.

 

Et plus si affinités

http://www.josephineose.com/