Immerstadj d’Hamid Ben Mahi : être ensemble comme dans un rêve

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On connaissait Hamid Ben Mahi, chorégraphe éminemment politique avec ses pièces qui ont tour à tour abordé l’oppression et l’humiliation (Hogra – 2014), la misère des clandestins (La Géographie du danger – 2010) ou encore les affres de la (dé)colonisation franco-algérienne (Beautiful Djazaïr – 2011). Mais c’est avec une pièce bien plus apaisée qu’on le retrouve à l’occasion de l’ouverture de saison du CCN de La Rochelle de Kader Attou (fan du chorégraphe bordelais) avec le spectacle Immerstadje.

Immerstadje est une douce utopie. Un monde inventé dans un espace-temps indéfini où l’humanité est attifée comme d’étranges insectes ou guerriers revenus de Mad Max (au choix), rollers au pieds. Que nous raconte cette tribu bigarrée ? Elle y expérimente un nouveau vivre-ensemble sous le prisme rieur de l’enfance. Un ballon, un cerf volant, des cerceaux, une marelle géante, les cinq danseurs au plateau, grain de folie et insouciance en bandoulière, font jeu de tout bois.

Alternant courts témoignages vidéos d’enfants et passages chorégraphiques, Immerstadje est une œuvre incroyablement sensible, bien loin de l’idée que l’on pourrait se faire d’une pièce hip-hop. Aucune fulgurance technique ici, tout juste si l’on devine la virtuosité des artistes (notamment à travers un travail de bras de qualité). Pas de place non plus à l’individualisme : quasi-pas de solo si ce n’est celui – bref et bluffant – d’Hamid qui confirme si nécessaire l’excellent danseur qu’il est.

Immerstadje privilégie donc un climax zen où priment ludisme et onirisme pour mieux annihiler les récents soubresauts anxiogènes du monde (attentats et consorts). En fond de scène, sur l’écran, les enfants imaginent ce que pourrait être le futur. Les plus inquiets conçoivent un monde sans travail, chapardé par des robots (comment gagner sa croute alors ?) tandis que les plus oisifs rêvent à tous les possibles qu’offrira la technologie. Sur scène, Hamid et ses quatre acolytes songent, eux, à un monde ouaté et promeuvent la slow life.

C’est dans l’air du temps mais d’un point de vue spectaculaire cela laisse poindre quelques longueurs voire de doux ennuis. Et ce ne sont pas les costumes mirifiques et bariolés de Philippe Guillot (habitué de Decouflé) ou les fulgurances électro de Sébastien Lamy qui tiendront en haleine une heure durant le spectateur. Car on se perd parfois dans le coton de ses rêves, aussi merveilleux soient-il, l’Immerstadje d’Hamid gagnerait à être resserré et plus tonique. Qu’exultent les corps de ses merveilleux danseurs pour qu’on parachève, avec eux l’esquisse de leur univers.

Gageons que la belle tournée que s’apprête à entamer la compagnie Hors-Série saura parfaire ce songe …

Et plus si affinités

http://www.horsserie.org/

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