Histoire personnelle de la littérature française : mon prof de français ? Jean d’Ormesson !

Alors que 2018 débute sur une rentrée chargée, les lycéens reprennent le chemin de leur classe avec en ligne de mire un baccalauréat en pleine mutation, notamment la fameuse épreuve de français où ils vont devoir se prendre le chou avec dissertation, commentaire composé et oral ! Un pur bonheur qu’ils ne pourront aborder sans un minimum de culture en terme d’histoire littéraire. Et là c’est le drame : où puiser un socle digne de ce nom ? Dans les manuels scolaires certes, sur les sites internet spécialisés pourquoi pas, dans les vidéos des youtubeurs passionnés, c’est possible … Mais l’ensemble demeure quand même de surface et manque singulièrement de l’élégance propre à ce type d’exercice.

C’est là qu’il faut mettre le nez dans l’ Histoire personnelle de la littérature française en sept tomes par Jean d’Ormesson. « Sept tomes ????!!!!! Mais c’est bien trop ! Comment y survivre ???? » En les regardant, en les écoutant. Car ici point de pages, mais des images filmées et restituées en DVD de l’entretien mené par Olivier Barrot, une discussion où l’académicien revient sur mille ans de littérature, traitant d’une centaine d’auteurs incontournables, avec la faconde, la justesse, la passion qui le caractérisent, et qu’il nous transmet à chaque intonation, sourire aux lèvres, yeux émerveillés. Car il ne s’en remet toujours pas de tant de beautés, Jean d’Ormesson, et son enthousiasme est communicatif, tandis qu’il explique avec bon sens les mystères admirables de l’écriture à la française.

Ainsi il traverse les âges, resituant Molière, La Fontaine, Voltaire, Flaubert, Cocteau et consort dans leur berceau culturel initial, dans leur époque, leur contexte historique et politique. Avec toujours un angle d’attaque inattendu mais faisant sens, une perception fine, pertinente, des mots pesés et impactants, aisés à retenir. Avec lui les livres prennent vie, l’impression de lecture devient sensible, facilité, légèreté. Des pavés perçus comme indigestes comme Les Misérables ou la saga des Rougon-Macquart semblent soudain des mets délicats, des aventures fascinantes, de véritables thrillers dont on ne décroche plus, qu’on dévore comme un polar de James Ellroy, un épisode de la série Harry Potter ou un bon Stephen King, avec frénésie, incapable de lâcher le bouquin avant le point final.

Son approche de la littérature moderne n’en a que plus de valeur qui se situe dans une continuité, comme un héritage qui cherche à prendre le meilleur du passé sans s’empêtrer dans ses obligations et ses interdits. Qu’est-ce que la modernité en littérature ? D’analyse en réflexions, d’Ormesson annule cette notion, Voltaire est soudain autant d’avant garde que Perec : et l’académicien descend tranquillement de son piédestal pour humblement et avec humour expliciter ce qui fait l’universalité de ces auteurs, en quoi ils sont hommes de lettres pour toujours, au travers des cultures et du temps. Ces 17 heures passent en flèche, sans qu’on s’en rende compte ; tournées en 1997, éditées en 2009, elles demeurent contemporaines, donnant à voir pour toujours un Immortel en pleine action, dans la sauvegarde et la transmission intelligente de ce qui fait notre identité, notre richesse.

Et plus si affinités

http://www.editionsmontparnasse.fr/p1213/Histoire-personnelle-de-la-litterature-francaise-par-Jean-d-Ormesson-de-l-Academie-francaise-et-Olivier-Barrot-Coffret-DVD

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