Heritage Fight – Duel en terre aborigène : « Enough is enough !!! »

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L’histoire est vieille comme le monde. Une terre vierge, un sanctuaire de beauté pure où les espèces trouvent refuge, un espace sacré que des hommes et des femmes gardent farouchement car c’est leur patrimoine, leur culture, leur ancrage dans le monde , leur mission sur cette planète. Et puis un jour d’autres hommes arrivent qui veulent exploiter l’endroit, ses richesses souterraines, y apporter l’industrie, le développement, la civilisation moderne, le commerce, l’argent. Quitte à tout détruire, et sans avoir de droits réels sur ce lieu que ceux qu’ils se sont octroyés arbitrairement. Quid alors des hommes qui vivaient là à l’origine ? Eh bien ils se battent. Et ils gagnent. Mais pour combien de temps ?

C’est cette histoire qu’Eugénie Dumont, jeune réalisatrice formée à l’Institut International de l’Image et du Son est allée filmer au cœur de l’Australie parmi la communauté aborigène des Goolarabooloo, confrontée aux manoeuvres d’implantation de la plus grande usine à gaz au monde soutenue par le gouvernement. Refuser, résister, se battre avec la loi, sans user de violence, face à des politiques qui sous couvert de moderniser la zone et de multiplier des emplois vont soutenir une firme dans son entreprise dévastatrice d’un écosystème et d’une culture.

Interviews, rencontres avec les politiciens et les élus, séquences de blocus, autismes policiers, on demeure confondus devant cette situation ubuesque où le droit des citoyens est bafoué par ceux qui devraient les défendre. Parfois un peu long dans les séquences d’entretiens, le flm doit s’attarder sur les convictions des différents acteurs de ce conflit, car elles en disent long sur des visions du monde totalement contradictoires et irréconciliables. Or quand il n’y a pas de dialogue, quand l’échange se veut manipulation et mensonge, il ne reste qu’une arme : le « non », ferme, définitif et répété.

« Non » répété à longueur de manifestations, tandis que les amoureux de cette terre superbe font barrage pour empêcher les pétroliers de venir détruire ce qui reste de vie dans ce pays. « Non » crié devant les flics qui chargent, « non » devant le ministre qui cautionne ce véritable massacre culturel et naturel. Papiers et lois à l’appui, tous font front, blanc comme aborigènes. Et ça marche. Mas la lutte n’est pas finie pour autant car si le pouvoir a lâché sur ce point il est actuellement en train de refondre les lois pour permettre la destruction d’autres zones. Cet avertissement qui clôt le générique de fin fait de ce documentaire une étape dans un combat de longue haleine qui nous concerne tous, car c’est de notre environnement qu’il s’agit.

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L’endroit où nous vivons, la planète sur laquelle reposent nos pieds, le ciel où se dressent nos têtes, l’air que nous respirons, la mer qui nous baigne, la végétation qui nous abrite … en détruire une parcelle, c’est inéluctablement en déséquilibrer le tout. Ici la sagesse aborigène s’impose avec une fermeté digne qui laisse admiratif et constitue une leçon de vie. La manière dont cette communauté, menée par une famille désignée comme gardienne depuis des générations et dont certains membres laisseront leur santé dans le conflit, rappelle un autre combat évoqué dans ces colonnes : celui des Conti.

Comme une évidence, les ouvriers des usines Continental dépecées par la nouvelle direction avide de profit et les aborigènes menacés par les prospections d’un grand groupe pétrolier se retrouvent dans une guerre commune contre une élite économique tellement vorace qu’elle en détruit la vie des êtres d’un revers de la main. On reste sidérés devant ce manque total de bon sens premier, cet irrespect absolu, ce mépris de l’existence et de la loi. Voici l’enseignement final qui ressort des deux documentaires, dont les sujets sont pourtant éloignés de milliers de kilomètres. Seul moyen de freiner cette folie, le « non » unitaire et organisé, constant, répété. Et cette phrase scandée comme une révolte : « Enough is enough ! ».

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Et plus si affinités

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