Green Days 2014 : MA Scène Nationale Montbéliard se met au vert

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Quels liens tisse-t-on avec un lieu ? Dans une société urbanisée à l’excès par un siècle d’industrialisation forcenée, le festival Green Days agite cette question, point d’ancrage d’une relation autre au territoire. Ce faisant, Ma Scène Nationale Montbéliard participe d’un élan national, impulsé dans nombre d’agglomérations européennes au seuil de l’été, comme une opportunité pour les citoyens de reprendre possession d’un environnement citadin dévorateur, anxiogène et menaçant.

Festival Green Days from MA scène nationale on Vimeo.

Par sa programmation autant que par son éthique, Green Days se présente comme un remède à l’effacement du sujet happé par la société. Dans une Franche Comté longtemps dévolue à la production automobile, la démarche fait sens, qui demande patience et travail de fond. Cette lente sensibilisation passe par le poétique autant que par le spectaculaire : « Le mieux vivre ne se quantifie pas » nous expliquait Yannick Marzin, directeur de Ma Scène Nationale Montbéliard lors de notre première rencontre. Effectivement, il s’agit d’un travail de longue haleine, qui se reconfigure à chaque saison.

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Apres l’hivernal Ars Numerica, Green Days celèbre les beaux jours, le soleil, la chaleur, la flânerie et le temps de vivre, de respirer, de rêver. Dans les rues de la ville, sur ses murs, dans ses boutiques, dans ses caves. Par le théâtre, la danse, le cinéma, la gastronomie, le cirque … Avec douceur humour, énergie, calme ou mélancolie … Un univers soudainement scénographié et verdoyant, et c’est le point central, le socle de la démarche : le détournement du paysage quotidien, revisité. Palissades de bois de récupération, cascades de verdures, … C’est la cour de l’hôtel de Sponeck qui a subi la métamorphose la plus spectaculaire, avec l’installation Genus Naturae dont le sentier de graviers connectés battu de lianes interactives nous accueillent à notre arrivée.

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Sur ce chemin de lumière et d’herbe, nos pas crissent qui déclenchent les croisements de sons collectés par Gaza Maffezzoli et Cyril Michaud pour sonoriser la création de Jacopo Baboni-Schilingi et Roger Hofstetter. Ce jardin éphémère et sonore, meublé de fauteuils et de tables en palettes recyclées semble le terrain de jeu de Robinson Crusoé perdus dans la jungle urbaine : un espace de repos une rupture verdoyante ou du 23 mai au 6 juin on pourra se retirer au calme le temps de se ressourcer, de renouer avec soi et les autres.

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Les échos magiques de l’ile perdue de Prospero ? Shakespeare aurait aimé ce ballet de murmures et d’éclats végétaux : des arbres qui chantent ? Ou des plantes ? Celles qui entrent en dialogue avec nous, nous parlent, comme nous le découvrons en ce samedi matin avec Akousmaflore. L’installation orchestrée par Gregory Lasserre et Anais Met Den Ancxt pour Scénocosme, participe de cet effet de surprise poétique et technique propre à l’évènement. Faire chanter des plantes musicales et câlines en les caressant dans un appartement Grand Siècle ? Yannick Marzin nous en explique le principe :

Par delà le décor, c’est une véritable interactivité qui est offerte, relayée par les spectacles programmés quinze jours durant. Les premières heures du festival nous ont offerts une lecture intéressante de cette transversalité avec les expériences suivantes :

Green Days 2014 : Joseph, « emotion picture »

Green Days 2014 : Tout va bien … ou pas ???

Green Days 2014 : une aventure culinaire

Green Days 2014 : En aparté sous le soleil …

 

Festival Green Days 2014 en photos 

Et plus si affinités

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