Golem, le tueur de Londres : tueur en série mythique, intrigue alambiquée et élégance britannique

Londres 1880 : dans les bas-fonds du quartier de Limehouse, Le Golem, un mystérieux tueur en série échappé des légendes yiddish, frappe, brutal, sanglant, désordonné, s’en prenant à des prostituées, des vieillards, des familles … Les meurtres stoppent brutalement avec la mort de l’écrivain John Cree. Suicide ou empoisonnement ? Victime ou assassin ? Sa jeune épouse, Elizabeth, soupçonnée de l’avoir dépêché ad patres, est traînée devant les tribunaux. Et John Kildarte, l’enquêteur en charge des meurtres du Golem, n’a d’autres choix que d’élucider cette énigme s’il veut découvrir la véritable identité du monstre qu’il poursuit. Y parviendra-t-il ? Et à quel prix ?

Voici l’intrigue alambiquée que Juan Carlos Medina relate devant la caméra avec Golem, le tueur de Londres (The Limehouse Golem intialement) après l’avoir puisée dans le roman de Peter Ackroyd Dan Leno and the Limehouse Golem, nous plongeant dans les ténèbres de la psyche londonnienne, entre rues malfamées, violences familiales, perversions cachées et goût du spectaculaire. Car le centre de ce mystère se situe sur les planches d’un music hall où l’héroïne fait ses armes d’actrice et de clown, sous la houlette de l’amuseur Dan Leno, gloire de l’époque. Quelle est la limite entre la réalité et la fiction ? Qui porte ici un masque ? Qui trompe son monde ? Et pour quelles raisons ?

Face à l’angélique Elizabeth menacée de pendaison pour l’assassinat d’un époux qui pourrait bien être un monstre, Kildare cherche à comprendre, à saisir la personnalité du tueur qu’il traque. Dans des ombres aux nuances turquoises et orangées, il revient sur les différentes étapes de cette traque, de meurtre en meurtre, les superposant avec la vie de cette étrange jeune fille. Cette narration tissée de flash back à vitesse multiple n’en est que plus prenante, tandis que se dessine un profil de criminel maléfique, qui dépasse de loin le tristement célèbre Moriarty.

Le terme de cette investigation saisit à la gorge, dans une cascade de rebondissements terribles dans leur portée. Décors et costumes de grande qualité, travail des lumières et des cadrages, interprétation toute en retenue des acteurs, parmi eux un Bill Nighty tout en nuances et en subtilité, discret, humain, empathique, une Olivia Cooke pathétique et ambiguë, Douglas Booth touchant et distancé en Dan Leno … l’ensemble du film joue la carte de la demi-teinte et de la modération, ce qui rend le sujet encore plus dur et intraitable.

On y retrouve l’esprit de L’Aliéniste, les transgressions de Basic Instinct, l’élégance de Room with a view, les ténèbres de Penny dreadful. Polar par son thème, thriller par sa tension, film horrifique par son intrigue, The Limehouse Golem est aussi un drame psychologique éprouvant, une passe d’arme intellectuelle subtile et profonde qui ravira les amateurs par sa complexité et son esthétique, tout en se distinguant du traitement habituellement, beaucoup plus gore et spectaculaire de ce type de film.

Et plus si affinités

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