GIS_ELLE d’Aurélien Richard : entre théâtre danse et cabaret

©Myriam TIRLER

Pour célébrer sa longue collaboration musicale et artistique avec la « grande Maison » que demeure pour lui l’Opéra de Paris, le chorégraphe et compositeur Aurélien Richard a imaginé une pièce d’une heure, GIS_ELLE, qu’il interprète sur la scène du studio Marigny, entouré d’une comédienne de théâtre et de cinéma, Marie Caries, et de deux danseurs classiques à la langue bien pendue, Elsa Godard et Olivier Normand.

Présenté par le programme de saison du théâtre comme « un spectacle de théâtre-danse », l’opus est également musical, les scènes de dialogues ou de monologues alternant avec des extraits de thèmes romantiques d’Adolphe Adam, joués avec virtuosité et de mémoire par le metteur en scène sur piano droit. Le soutien de la fondation Noureev n’est pas la seule raison pour laquelle le nom de l’artiste est cité de manière récurrente au cours de la représentation. Il faut dire que le jeune danseur fit ses débuts ou presque sur la scène du Kirov, en 1959, dans le rôle d’Albrecht, le héros masculin de ce ballet et que sa version de 1962 avec Margot Fonteyn, filmée en noir et blanc par la BBC, reste mémorable.

Bien qu’il s’agisse de théâtre-danse et que Pina Bausch soit mentionnée parmi les chorégraphes adoptées (assez tardivement) par Garnier, l’esthétique du spectacle d’Aurélien Richard est plus proche d’une « petite forme », d’un divertissement cabaretier, d’une pochade à la fois ironique et nostalgique sur un milieu qu’il connaît bien, qu’il connaît de l’intérieur – cf. les remarques précises sur la considération accordée aux pianistes par les maîtres de ballets, les répétiteurs et les danseurs. Rien à voir non plus avec le monologue de Véronique Doisneau mis en scène par Jérôme Bel façon œuvre d’art sociologique.

Le début intègre une séquence vidéo dont nous réservons la primeur aux futurs spectateurs, où interviennent l’actrice Marie Caries et également le nouveau directeur de Marigny, ex-administrateur de Garnier précisément sous la direction artistique de Rudolf Noureev, passé de l’art à l’entertainment, Jean-Luc Choplin. Une chanson de caf’conc composée par Vincent Scotto, immortalisée par le comique-troupier Ouvrard, réécrite pour l’occasion, rend hommage aux danseurs les plus célèbres de l’Opéra. Nous avons apprécié aussi les vacheries sur les camarades et rivaux dans une très drôle tirade d’Olivier Normand. Et la finesse de la danseuse-comédienne Elsa Godard dont la mère était venue assister à la première.

Et plus si affinités

https://www.theatremarigny.fr/spectacle/gis_elle/

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