Focales Arles in black : mises en regard et dominos photographiques

Nos lumières et nos ombres … Arles sous un soleil écrasant, délivrant ses secrets photographiques comme autant de poupées russes.

Ce soir nous aimerions vous convier à un jeu. Parmi tous les photographes exposés, 14 ont retenu notre attention, pour les raisons évoquées ci-dessous, … ou pour d’autres, après tout … nous voulions les classer, les mettre en regard, deux par deux, en binômes. Mais une fois les noms écrits sur une page, nous avons été bien en mal de procéder à des recoupements tant ils se correspondent les uns les autres, sans se ressembler pour autant.

Thèmes communs, techniques, discours, … nous avons renoncé, vous livrant ces univers au gré du vent et de l’inspiration. Si le cœur vous en dit, peut-être arriverez-vous à trouver un fil directeur dans toutes ces impressions, … A vous de jouer ?

 

Marion Gronier – Les Glorieux

C’est dans la salle Henri Comte, jouxtant la grande place de la République, que nous découvrons les Glorieux de Marion Gronier. La lauréate de la résidence BMW du Musée Nicéphore Nièpce a dédié cette série aux gens du cirque qu’elle photographie à leur sortie de piste, dans la fatigue et le stress encore présent du numéro tout juste réalisé. Sueur de la peau, crispation des visages, attitude figée, l’artiste a voulu capté de subtil changement du regard quand il passe de l’éclat à l’abandon de la détente.

http://www.mariongronier.com/
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Arno Rafael Minkkinen – Optic nerve

Sur les parois de l’atelier de la Mécanique, le corps morcelé de l’artiste finlandais se décline de membre en membre. Depuis 40 ans qu’il le met en acte, le pari du photographe a su capter l’attention du public : mettre en scène des portions du corps nu dans des paysages naturels superbes pour ainsi réfléchir à la présence de l’homme dans le monde qui l’entoure. Ici, ce sont les veloutés tracés par les ombres et les lumières qui tiennent le regard, apportant ainsi une réponse étrange à la problématique d’Arles in Black.

www.arno-rafael-minkkinen.com
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Pieter Hugo – There’s a Place in Hell for Me and My Friends

Alors que vous parcourez les salles du parc des Ateliers, vous tombez soudain sur ce regard, perdu au milieu de dizaines d’autres, tout aussi foudroyants, qui transpercent les visiteurs de l’atelier de la Chaudronnerie. Originaire d’Afrique du Sud, Pieter Hugo est sensibilisé au problème du racisme. Il en annule la logique avec ces portraits où le jeu du numérique lui a permis de convertir les nuances et noir et blanc, obtenant cette surpigmentation incroyable et dérangeante. Ici les distinctions raciales s’émiettent et fondent, soudainement incohérentes.

www.pieterhugo.com
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Robin Hammond –  Zimbabwe

Le travail de l’anglais Robin Hammond met en avant l’état déplorable du Zimbabwe après 30 ans de dictature. Des clichés aux couleurs magnifiques, à la lumière chaude et aux thématiques tragiques. Rigoureux, le photographe pointe son objectif sur des réalités d’une infinie tristesse, la survie d’une population entre misère extrême, épidémies, disettes, … Dépourvues de mièvreries, ses images n’en sont que plus pénibles, distillant ce sentiment de fatalisme impuissant qui vous saisit à la gorge et vous laisse hagard devant tant de détresses.

www.robinhammond.co.uk
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Gordon Parks – Une histoire américaine

C’est une première en France que cette rétrospective consacrée au photographe et cinéaste américain noir. Réalisateur du célèbre Shaft, il posa le socle de la Blackexploitation, y ajoutant son action de reporter et de militant anti raciste, qu’on ressent dans chacun de ses clichés. Des clichés en forme de batailles, car il lui a fallu lutter avec ferveur et volonté pour s’imposer comme photographe dans un monde verrouillé par les blancs. Son objectif, en relatant ces combats, tisse l’Histoire en marche.

http://www.gordonparksfoundation.org/
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Sergio Larrain – Rétrospective

En embrassant cette carrière, le chilien a refusé en bloc les conventions de son temps, préférant sillonner le monde pour en montrer les visages et réfléchir sur la nécessité d’en préserver les multiples richesses. Cet infatigable voyageur alterna périples et retraites, images documentaires et dessins. Un artiste qui mixe l’œil précis du journaliste et le rêve du poète. Les hautes voutes de l’église Sainte-Anne apportèrent leur dimension et leur espace à ces images intimes, présentées ici pour la première fois au monde.

http://www.rencontres-arles.com/A11/C.aspx?VP3=CMS3&VF=ARL_1024_VForm&FRM=Frame:ARL_1118

 

 

Michel Vanden Eeckhoudt – Doux Amer

L’appareil du bruxellois n’a pas de pitié, qui capte les regards mélancoliques et résignés : dans ces pupilles d’hommes et d’animaux, même plus une étincelle de révolte qui brille, juste un grand ras le bol, une acceptation mise en exergue par le noir et blanc. Le photographe donne à voir, à nous d’écrire l’histoire qui nous semble correspondre, en fonction de notre résonance au spectacle qu’il nous fait contempler

 www.agencevu.com
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John Davies – France Angleterre

Originaire de Liverpool, John Davies a granid dans ces paysages ouvriers qu’il se plaît par la suite à immortaliser. Ce sont ici les grandes lignes presque 30 ans de clichés qu’il donne à voir, entre la France et son pays, cherchant à saisir la condition humaine au travers de ces mondes industriels froids et linéaires, désincarnés, d’où l’homme semble banni pour laisser le champ libre à une géométrie écrasante. Zones désèrtifiées, implantations absurdes, son objectif dévoile les conséquences sociales de ces réalisations.

www.johndavies.uk.com
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Jean-Louis Courtinat – Le témoignage social

Il a passé trente ans à photographier les déshérités de la vie : personnes âgées, handicapés, miséreux, malades, orphelins, … Il reste à leurs côtés, les observe, discute, leur donne la parole et le droit à être visibles, eux qu’on ne veut surtout ni voir ni entendre. Les portraits de Jean-Louis Courtinat les placent au centre de cette lumière éclatante d’Arles, dans une des alcôves de l’Atelier de Mécanique, aussi étroite et retirée que ces chambres délabrées où il a saisi le quotidien de ces laissés pour compte. Chaque cliché raconte une histoire, soulignée par un texte témoignage. Des désirs de mort, des combats du quotidien pour échapper à la rue, la solitude implacable. La fragilité de l’existence.

www.jeanlouiscourtinat.fr
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 Pierre Jamet – 1936, Dina, Pierre, Sacha…

Les auberges de jeunesse : elles firent les beaux jours du Front Populaire et des congés payés. Pierre Jamet a vécu cette embellie avec d’autres camarades qu’il a photographiés, de balades en balades. Joie, farniente, repos, convivialité, c’est l’esprit d’une époque qui affleure à chaque cliché, une insouciance, le plaisir de vivre, d’être jeune, de s’ouvrir à la vie, de découvrir.

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Cristina de Middel – The Afronauts

La photographe espagnole s’est concentrée sur le programme spatial de la Zambie. Ce programme visait à envoyer le premier africain sur la Lune. Bien sûr l’aide financière demeura lettre morte, et l’Afrique ne peut ainsi jamais se mettre sur un pied d’égalité avec les USA et la Russie. Par toute une série de clichés hauts en couleur, Cristina de Middel revient sur cet épisode, démontrant ainsi la grandeur de ce rêve et le caractère inéluctable de son avortement.

www.lademiddel.com
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Viviane Sassen – In and out fashion

De son sourire lumineux, Viviane Sassen s’emploie à destructurer la mode qu’elle photographie. Son approche fascine, faisant son succès : surréalisme des formes, travail des couleurs, morcellement du corps. Ici le vêtement n’est plus roi, il devient acteur fondu dans une équation bien plus complexe, qui s’interroge sur son statut et son envahissement. Un laboratoire de l’aveu même de l’artiste qui s’appuie sur ces commandes pour alimenter ses propres recherches esthétiques.

www.vivianesassen.com
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Daido Moriyama – Labyrinth + Monochrome

C’est un des maîtres de la photographie japonaise d’après guerre dont on expose ici le travail dans un espace circulaire qui initie le carrousel de ces images en noir et blanc. Des dizaines de photos assemblées en fausses planches de contact qui recomposent le monde tokyoïte, avec en toile de fond ces jambes gaînées de résilles comme une constante touche d’érotisme. Noyés dans cette ronde, nous ne retenons que des formes qui passent, le sens de l’image se perdant dans le foisonnement des branches de cerisiers en fleur.

www.moriyamadaido.com/english
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Alessandro Imbriaco – Le Jardin

Interpellé par les problèmes de logement liés au monde moderne et à la paupérisation galopante de la population, le lauréat du European Publisher’s Award 2012 est allé photographier des laissés pour compte qui ont trouver refuge sous un viaduc. Sauf qu’il ne les regarde pas de cet œil compassé ou incisif propre au docu social. En saisissant la nature semi sauvage qui les entoure, il propose une approche poétique d’un jardin d’Eden contemporain, où l’homme revient aux conditions de vie antédiluviennes. Un mode de narration qui repense le photoreportage.

http://www.alessandroimbriaco.com/
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