FIAC 2014 : les impératifs d’une ouverture

30 oct. 2014 – Quelques chiffres clés:
74 567 entrées en 5 jours au Grand Palais
14 146 entrées en 6 jours au Docks – Cité de la Mode et du Design

Voilà, les chiffres sont tombés, et la session 2014 de la FIAC remporte une fois encore un plein succès. Rien d’étonnant, dirions-nous, l’event constitue un incontournable du calendrier de l’art contemporain, c’est désormais un fait acquis, dont nous avons du reste étudié les rouages les années précédentes. Du coup nous ne reviendrons pas dessus, au risque de faire redondance. Et dans la foulée nous avons décidé cette année de zapper la FIAC proprement dite.

Eh oui pour cette édition il n’y eut pas l’ombre d’un ARTchemist sous la verrière du Grand Palais. D’une part pour éviter les redites, nos confrères journalistiques état nombreux à chroniquer la manifestation de part en part, s’arrêtant largement au passage sur le scandale du sapin plug Mac Carthy. D’autre part pour changer notre point de vue et nous concentrer sur les innovations proposées par le salon. Il en faut pour se maintenir dans la dominante, garder sa place de leader, continuer de charmer les collectionneurs divertis par la multiplication des foires concurrentes … et le cas échéant s’ouvrir à d’autres publics ?

OFFicielle : ouverture d’un second front

Premier fait notable, la FIAC a délocalisé une partie de sa programmation au cœur de la Cité de la Mode et du Design en y parachutant (OFF)ICIELLE. 68 galeries originaires de 14 pays réparties sur une surface de 3700 m2 : l’idée est très clairement d’offrir un balayage de la créativité émergente. En vedette des chasseurs de jeunes talents, des directeurs de galerie qui jouent la carte de l’avant-garde, prennent le risque de mettre en lumière des artistes inconnus, les futurs grands noms de demain.

S’agit-il de damer le pion à la Slick Art Fair qui a planté sa tente sous le pont Alexandre III ? De fait en investissant les Docks, (OFF)ICIELLE permet à la FIAC d’englober la géographie parisienne, de tracer un axe symbolique le long de la Seine et de placer sous sa juridiction nombre d’acteurs de la filière résolument tournés vers l’avenir. Institutionnalisée, la prestigieuse foire saisit ici l’opportunité de reconquérir sa position initiale en matière d’expansion et de renouvellement du secteur.

 Hors les Murs et FIAC en ville

Autre facette à retenir, le OFF qui investit différents points de la capitale pour y dropper des œuvres d’art contemporain aux yeux du grand public. En accès libre, ces expositions donnent à voir le travail grandeur nature d’artistes importants, dont les créations repérées des années auparavant dans les foires sont en passe de devenir les références de demain. Jardin des Plantes, des Tuileries, Berges de Seine, Musée du Louvre, amphithéâtre de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris, … le maître mot est « monumental » dans ces espaces aux dimensions considérables.

Chaque année ce sont quelques 500 000 visiteurs qui fréquentent chaque site, preuve d’un véritable intérêt, d’un désir de voir, de comprendre, désir renforcé par la présence d’animateurs expliquant les installations. Ici la FIAC sort de son rôle marchand pour revêtir le statut de pédagogue, point non négligeable quand on voit la violente réaction engendrée par le sapin de Mac Carthy. Libre d’accès, cette exposition à ciel ouvert s’offre par ailleurs à ceux qui n’ont pas les moyens de débourser le billet d’entrée de 40 euros en tarif plein, et ils sont nombreux en ces temps de crise

FIAC
La visite virtuelle de la FIAC 2014

 La virtualisation de l’évènement 

Cet autre paramètre nous a beaucoup interpelés. En effet le site de la FIAC propose une visite virtuelle du salon d’une grande qualité, qui permet une immersion à 360°, où qu’on le désire. Il suffit de cliquer sur l’un des points du plan et le panoramique se déroule : on y découvre les œuvres telles qu’elles sont exposées par chaque galerie, l’ordonnancement des stands, le voisinage des créations dans un ensemble.

Cette restitution très pertinente s’adresse bien sûr aux collectionneurs qui ne peuvent se rendre sur place, mais elle est pour le néophyte ou le passionné un outil d’une rare précision, qui ouvre le savoir, l’accès aux artistes, à l’univers du marché de l’art. Une manière intelligente de parcourir cette manifestation pour ceux qui sont loin géographiquement, pour les enseignants qui veulent initier leurs élèves, pour ceux qui hésitent encore à pénétrer cet univers si fermé.

 

Et plus si affinités

http://www.fiac.com/fr/paris

www.officielleartfair.com

www.slickartfair.com/

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