Festival Jet Lag 7 – Intimité : L’un pour l’autre

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Intimité, c’est l’histoire de deux petits mecs – Elias et Cameron. C’est l’histoire d’une amitié, de celle qui se noue dans une cour de récré, en colo ou sur la pelouse d’un stade et dont on décide qu’elle sera « à la vie, à la mort » … jusqu’à prendre le train de l’âge adulte. Cameron, alangui, peine à apprendre un texte, une histoire de meuf qu’on a pécho à coups de bécots sensuels. En fond de scène Elias le soutient du regard et pas seulement. Lui connaît les phrases, les ponctuations d’une bonne diction. Il a le truc pour ça, tout comme Cameron a pour lui le diable hip-hop au corps.

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Ils sentent bien, tous deux, qu’il se passe un truc pas normal. Que ça bouge en eux. Que ça bout. Ils ont la dalle. Physiquement ça c’est sûr : c’est pas normal de se goinfrer pareil pour alimenter un corps qui pousse anarchiquement. La dalle de vivre aussi. Mais ils sont là, ils attendent ensemble d’être prochainement plongés dans ce foutu monde des « grands ». Et ça occupe leur jeune vie. A coups de magistrales glandes, ils la grillent. On leur a tellement dit qu’elle est devant eux, cette vie, qu’ils prennent tout leur temps pour la rejoindre. Vider les poches de son jean qui recèle mille et un trésors pourris : bouts de papiers qu’on imagine mots doux et 06 griffonnés, briquets et clés. Checker tous ces réseaux sociaux aussi. Ça occupe bien ses 15/17 ans ça, non ?

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Il y a les noires colères aussi. Irrépressibles suffocations et cris pour Elias / mouvements break qui cognent fort le sol pour Cameron. Muscle de feu, nerf qui rêve, ça explose dans tous les sens pour mieux se sentir vivant puis ça repart comme c’est venu. Car il reste bien quelques souvenirs de la riante enfance à travailler, à réactiver encore un peu. Un je te tiens, tu me tiens par la barbichette où l’on se latte la gueule casquée aux premiers rires lâchés. Perdu, dans ta gueule ! On se cherche, on se chambre, on se raconte sa vie de mec qui assure. Pour une fille on s’imagine même pianiste virtuose, bilingue-trilingue baltringue. On est le plus beau, on est le kéké cador. On y croirait presque. Et puis il y a les soirées binge drinking. Celles où l’on se sape, l’on tise, l’on pécho. Comme jamais. Jusqu’à rentrer groggy au petit matin, bras dessus bras dessous avec son pote de fiesta. Pote de tout une vie.

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François Stemmer signe avec Intimité un délicat tableau de l’adolescence 2.0. Sur la scène de L’Étoile du Nord, il met en scène magistralement et sobrement toutes les chimères et espérances d’Elias Hauter et de Cameron Bida, ces frères de cœur au sang chaud. Ces jeunes artistes hors pairs, d’une troublante justesse, interpellent. Et me ramène à mes années 90. Putain c’était quoi mon adolescence ? Putain c’était bon en fait et je ne le savais pas.

 

Et plus si affinités
Quelques informations sur le spectacle Intimité :
https://ciefrancoisstemmer.com/
http://www.etoiledunord-theatre.com/jet-lag-7

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