Festival des forêts : musique et verdure, duo gagnant à l’heure COVID?

Alors que le monde de la culture n’en finit plus de compter les morts et les agonisants (prochaines sur la liste, les salles de spectacle dont Lagardère cherche à se débarrasser?), le Festival des Forêts maintient sa 28eme édition, en l’adaptant à la réalité covidienne. De quoi retenir notre attention au moment où nous fouillons l’horizon en quête d’inspirations.

Bain de forêt musical

Le principe du festival est limpide et assumé : reconnecter l’homme moderne avec son moi via le retour à la verdure et à la musique. Un précepte thérapeutique venu du Japon, où la pratique du shinrin yoku aka bain de forêt est fortement prisée. C’est ici l’ADN de la manifestation qui investit chaque année les hauts lieux des bois de Compiègne et Laigue pour y mêler randonnées et concerts de musique classique.

Une manière originale de découvrir patrimoines naturel, architectural et mélodique dans une harmonie particulièrement rafraîchissante, qui met en lumière les richesses de la création musicale classique et moderne. De fait le festival se targue de favoriser la création avec des commandes annuelles. Ainsi celles de l’édition 2020, telles qu’elles sont présentées dans le communiqué de presse :

« – Une pièce pour flûte solo du compositeur Thierry Escaich (compositeur en résidence) dédiée au flûtiste Philippe Bernold. (Création mondiale, commande du Festival des Forêts 2020)

– Un programme musical commandé à Stéphane Gassot (lauréat de l’Académie de composition Léo Delibes 2019) créé par le violoniste Thomas Lefort (Création mondiale, commande du Festival des Forêts 2020). »

« Back to the tree ! »

Pour satisfaire aux obligations sanitaires, les organisateurs misent cette année sur les « Marches musicales de ressourcement » rebaptisées « Bains de forêt musicaux ». A savoir une balade de trois heures environ avec un médiateur et un musicien : au programme la découverte d’un site historique, une petite marche avec des pauses musicales, du tree huging, des exercices en pleine nature, de la dégustation de thé … 12 sont prévus pour l’édition 2020, qui explorent différentes parties de la zone, au tarif de 40€/personne.

Une manière comme une autre de garder l’événement à flot en ces temps de vaches anorexiques, tout en apportant un chouia de bien-être à des festivaliers qui sont sortis impactés de deux mois de lockdown. Et d’attirer du monde dans un territoire verdoyant dont la plupart des parisiens ignorent l’existence. Bref il s’agit d’appuyer sur le levier « Back to the tree ! », credo absolu pour l’oncle réac du héros de Pourquoi j’ai mangé mon père, pour séduire le public.

Back to the tree et en musique donc, pour un Festival des Forêts qui mise sur la sylvothérapie et le bon bol d’air frais en petit comité plutôt que sur la digitalisation à outrance. Un choix que son ADN dicte très logiquement, mais qui pourrait en inspirer plus d’un avec une recette qui colle aux besoins humains post covid : intimité avec une jauge à 28 marcheurs/spectateurs max par event, ressourcement psychique et culturel dans un cadre majestueux, échange avec les musiciens invités …

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Concluons : le côté « développement personnel » peut en intriguer plus d’un. Il n’en demeure pas moins que l’offre, originale, trouve un écho spécifique dans la crise présente. Lle Festival des Forêts va-t-il tirer son épingle du jeu estival ? Les chiffres nous le diront, qui tomberont après le 15 juillet, date de clôture de l’event. Mais incontestablement, il marque le point au niveau médiatique. Que dire de plus ? Nous vous laissons potasser le programme, qui est prometteur, et qui sait, participer à cette expérience qui à coup sûr décloisonne les univers ?

Et plus si affinités

https://festivaldesforets.fr/