Festival de Cannes 2018 : joies et satisfactions

Cannes 2018, c’est fini ! Pour une fois, le palmarès correspondait, grosso modo, à celui que tout un chacun, cinéphile de base, critique accrédité ou professionnel de la profession, pouvait avoir en tête :

  • N’étaient, selon nous, pas volés le Grand Prix, décerné à Spike Lee pour son Blackkklansman, reconstitution haute en couleur, si l’on peut dire, d’une double infiltration par la police de Colorado Springs, celle des Black Panthers et celle du Ku Klux Klan, au milieu des années 70, adaptant gaiement et de manière engagée les mémoires d’un officier de police ;
  • le Prix du jury bénéficiant au Capharnaüm de Nadine Labaki, un long flash-back sur l’errance d’un kid dans les quartiers les plus déshérités, et donc délabrés, du Beyrouth d’aujourd’hui ;
  • le Prix de la mise en scène, attribué à Zimna Wojna de Pawel Pawlikowski, une merveille de photo en noir et blanc (malheureusement, aucune récompense n’est prévue pour le moment pour les chefs opérateurs dans le festival azuréen) contant le passage à l’ouest d’un ethno-musicologue refusant de continuer à servir la soupe, c.à.d. la propagande par la musique et la danse, au régime stalinien en vigueur dans la Pologne d’après-guerre ;
  • la moitié du Prix du scénario concédée à Jafar Panahi pour son opus Se Rokh (3 visages), un conte oriental sensible et polysémique ayant pour point de départ, précisément, le métier de saltimbanque ;
  • la Palme d’or spéciale (différente, apparemment, du prix tout dit « du jury ») au Livre d’image de Jean-Luc Godard, qui tient parole en ne travaillant que la bande-image et bâclant toute la B.O., difficile à « entendre » ou à comprendre ;
  • le Prix d’interprétation masculine donné à Marcello Fonte pour sa prestation dans le film de Matteo Garrone, Dogman, on ne peut plus justifié, ce comédien étant du niveau d’un Claude Melki, d’un Marty Feldman, d’un Toto, voire d’un Keaton.

Par ailleurs, nous avons été ravis des événements organisés en dehors des projections proprement dites ou à l’occasion de celles-ci, en particulier de la venue de Keir Dullea, l’acteur principal de 2001, L’Odyssée de l’espace, qui a présenté le film de Stanley Kubrick aux côtés de Katharina, la fille du réalisateur ; du cours magistral, pour ne pas dire « master class », de John Travolta, dans un nouveau concept de soirées ayant pour titre « rendez-vous » ; enfin, last but not least, le long entretien accordé à la SRF (Société des réalisateurs de films), à l’occasion du Cinquantenaire de la Quinzaine des réalisateurs, par un cinéaste que révéla Cannes en 1974 : Martin Scorsese. Le Carrosse d’or lui a été décerné. Ce prix est certes moins prestigieux qu’une palme (trophée que Scorsese a également eu) mais cette distinction de la Quinzaine, datant de la contestation du festival en 1968, a honoré les plus grands.

Et plus si affinités

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