Festival d’Avignon Day 6 : des héros à la pelle !

Heroe(s) à la Manufacture

Ce sont des héros certes ! mais fatigués … qui veulent en découdre avec le monde ! Le premier « a toujours eu une gueule de flic », l’autre « la voix d’un truand » et le dernier « une allure de pigeon voyageur ». Philippe Awat, Victor Gauthier-Martin et Guillaume Barbot, ces 3 copains metteurs en scène, acteurs et directeurs de compagnie ont passé deux ans à tenir un journal de bord des « catastrophes » récentes : les attentats, les crises financières, la défaillance de l’état, l’impuissance des peuples … C’est un chaos qui donne le tournis et qui vient s’écrire sur le mur à la craie blanche. C’est, pour ces artistes en éveil, l’occasion d’exprimer leur révolte face à la déglingue du monde.

Heroe(s) est le fruit de deux ans de recherches, vaste entreprise menée avec verve et humour sous la forme d’une réunion de crise, QG de leurs espoirs et de leur amitié à toute épreuve. Accompagnés d’un quatrième larron à capuche (un anonymous?), sous les traits de Pierre-Marie Braye -Weppe, un musicien qui ajoute une touche poétique et dramatique à l’entreprise, ils vont surtout s’arrêter sur le vaste scandale d’évasion fiscale dénoncé par les Panama puis les Paradise papers. Leur réflexion prend alors le visage d’un combat jusqu’au-boutiste contre l’injustice. Il y a un côté à la fois candide et sincère dans leur démarche qui fait mouche et nous tend un miroir très noir de notre société. Même les lanceurs d’alerte, ces derniers héros de notre temps, viennent pointer à Pole Emploi. On sort de ce spectacle avec l’envie de renverser les tables, et de les rejoindre dans cette lutte pour un monde meilleur.

Hamlet au théâtre des Halles

Autre « héro », ce Hamlet rock et déjanté de Shakespeare au théâtre des Halles, incarné par le fabuleux Gregory Baquet apporte un supplément d’âme et une dimension à la fois torturée et très ancrée dans le réel à ce personnage. L’histoire, on la connaît, est celle d’un fils qui doit venger la mort de son père. Mais encore plus que cette intrigue, qui devient presque secondaire, ce sont toutes les couches et sous couches de cet Hamlet qui nous séduisent :, est il fou? Ou extra lucide ?

Gregory Bacquet, dans un jeu intense et très moderne nous embarque dans cette histoire de vengeance et les tourments de l’âme de son personnage avec un plaisir non dissimulé, on en redemande! C’est une réflexion aussi sur le rôle du théâtre, sa fonction première de tendre un miroir. La mise en scène de Xavier Lemaire dépote, ça fourmille d’anachronismes réjouissants et la langue est détonante grâce une traduction de Camilla Barnes qui réussit à garder à la fois la poésie de Shakespeare, et à le rendre contemporain, parfois même trash ! Un must see d’Avignon !

Et plus si affinités

http://www.avignonleoff.com

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