Exposition Maria by Callas : « l’humble servante du génie créateur »

Et cela du berceau à la tombe, comme le démontre très judicieusement la rétrospective initiée à La Seine Musicale par le biographe Tom Volf. Installé sur l’Ile Seguin, le complexe culturel flambant neuf ouvre ses salles monumentales pour accueillir cet hommage à l’occasion des quarante ans du décès de Maria Callas, décédée un 16 septembre 1977. L’occasion de revenir par le menu sur une carrière emblématique et une figure légendaire que la diva elle-même résume en ces termes : « je suis l’humble servante du génie créateur ».

Illustré de milliers de documents inédits, photographies, films en super 8, pochettes d’albums et de programmes, coupures de presse, interviews et extraits de spectacles, le récit de ce destin exceptionnel fait constamment le lien entre le professionnel et l’intime. Pour être une cantatrice d’exception, il faut connaître le malheur : Maria Callas y excellera, s’abandonnant à la passion amoureuse d’un homme qui la délaissera avec cruauté, sculptant son corps de déesse avec une discipline presque masochiste, intégrant les rangs d’une jet set qu’elle éblouira, mais qui lui sera funeste, l’abandonnera au terme d’une carrière stupéfiante.

Une tragédienne en sus d’une chanteuse hors pair, technicienne émérite, perfectionniste exigeante qu’on qualifiera souvent de capricieuse vedette, de personnalité complexe pour ne pas dire déséquilibrée, alimentant ainsi les titres de la presse people, sans jamais entamer son aura exceptionnelle. Car au fil des images, des témoignages, des clichés, Maria Callas se dresse comme une véritable star, une bête de scène, suscitant une attirance frénétique au même titre qu’une légende du rock’n roll, un Mick Jagger, un David Bowie, les Beatles …

Nous sommes dans les 60’s et la dame occupe le devant de la scène médiatique, qui la vénère autant qu’elle la conspue. Le mythe naît de ce paradoxe, à l’heure où la musique classique est encore perçue comme une culture populaire et non l’attribut d’une élite. Callas contribue largement à désenclaver un registre que d’aucuns considèrent comme réservé aux intellectuels. Avec clarté et aisance, elle explique son art, le rendant accessible, séduisant, fascinant … Son travail avec Visconti, Zeffirelli et Pasolini abondent dans ce sens d’un art pour tous qui jamais ne brade la qualité ni la perfection.

Ce message transparaît dans chacune des phases de l’exposition, pour transmettre aux jeunes générations cette flamme peu commune. Si les adeptes de l’art lyrique n’y apprendront guère plus, sinon la découverte de documents inédits qui affinent une biographie déjà très complète en y ajoutant l’émotion et l’affect, ceux qui ne connaissent Callas que de nom y rencontreront les différents visages de cette interprète hors normes, cette femme si particulière, à la présence si puissante, pourtant humble devant les rôles qu’elle endossait.

Pour consulter l’album photos de l’exposition, suivez ce lien.

Et plus si affinités

http://www.mariabycallas.com/

https://billetterie.laseinemusicale.com/fr/node/5398

Enregistrer

Enregistrer

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.