Exposition #Jesuishumain : parce qu’un migrant est homme avant tout …

Aujourd’hui 20 juin 2017, journée mondiale des réfugiés : quelle pitié d’avoir dû institué une date dédiée pour rappeler au monde l’horreur de cette condition qui nous concerne tous. Fidèle au poste, Amnesty international réseaute l’information, une parmi tant d’autres, noyée dans la masse d’atrocités quotidiennes infligées par l’homme à ses semblables.

Dire c’est déjà bien, montrer c’est mieux : l’exposition itinérante #Jesuishumain, actuellement droppée à Bruxelles, assène au public les images du quotidien des exilés. Ceux qui ont fui un pays en guerre, la misère, la faim, la violence, pour venir trouver asile chez nous, dans nos contrées encore relativement calmes et paisibles, où l’on peut dormir sans être réveillé par des bombardements, où la police n’a pas pour vocation de rafler et de torturer les opposants, où, quoi qu’on en dise, la liberté de s’exprimer, de critiquer, de se soigner, d’entreprendre, de vivre avec quelqu’un du même sexe, de croire en ce que l’on veut est respectée et protégée.

#Jesuishumain résulte du travail du collectif d’artistes belge Huma qui interroge, objectif au poing, ces gens venus d’ailleurs, leur passé, leur parcours et leur résilience, jusque dans les camps de réfugiés libanais, jordaniens ou européens. Car arriver vivant sur nos côtes n’est pas tout, il faut ensuite se reconstruire, dans des contrées qui ne sont pas forcément accueillantes, surtout quand on échoue immanquablement dans ces voies de garage. Le but de la manœuvre est simple : imploser les préjugés, l’image du migrant pouilleux venu voler notre travail, profiter du système avec ses cinq femmes et ses quinze gosses. Halte là !

Devant nous femmes et hommes, musiciens, artistes pour certains, artisans, ouvriers pour d’autres qu’importe ? Souffrances physiques des privations, des blessures, des coups, souffrance morale du déracinement, … se reconstruire doucement, retrouver des gestes du quotidien, parler, échanger, pouvoir de nouveau faire ce qu’on aimait, mais qui était interdit sous peine de mort … la misère, la précarité sont encore là, dans le décor sordide, les sacs, le couchage primaire, … mais la vie est là aussi, en force, reprenant ses droits qu’on le veuille ou non. Les photographes d’Huma saisissent cette force impérieuse, ce souffle d’existence, que rien ne peut endiguer.

Et c’est ce qui est bien, ce qui est juste, ce qui est logique. Visages, noms, biographies … ces gens témoignent de leur décision, de leur arrachement, de leur enracinement nouveau, en gestation. Parallèlement à l’exposition physique, un site expose virtuellement clichés et récits liés, sans jamais sombrer dans le voyeurisme, le racoleur. Le travail d’Huma mérite du reste d’être exploré plus à fond, car l’ensemble des reportages effectués apporte un autre éclairage sur une humanité en perpétuelle négociation avec ses souffrances. En cela les photographes impliqués prolongent le travail des grands noms de la discipline, Cartier-Bresson ou Capa pour ne citer qu’eux.

Et plus si affinités

https://www.amnesty.be/infos/expos/jesuishumain-l-exposition/expojesuishumain?lang=fr

https://jesuishumain.be

http://www.collectifhuma.com/

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