Exposition Albert Marquet : le fauve tranquille

f436e797af427a3ffdee6c64c8e8e75f

A l’origine nous étions venues visiter La Boite de Pandore, l’exposition sur la photographie. Mais le hasard s’en mêle, sous les traits de la chargée d’accueil du Musée d’Art Moderne. Petit bonne femme toute maigre mais vive comme une souris, elle nous conseille chaudement d’aller découvrir le « peintre du temps suspendu ». Marquet, j’en ai vaguement entendu parler, sans plus. Mais l’enthousiasme de la dame est plutôt communicatif, et il faut vivre curieux : nous prenons les billets gentiment tendus, accompagnés d’un clin d’oeil complice. La passion, ça ne se refuse pas.

vue_sur_river
Albert Marquet (1875-1947), Vue d’une rivière s.d. © Adagp, Paris 2016.

Bien nous en prend, car c’est un véritable voyage qui nous est offert, au travers de paysages qui explore aussi bien la ville que la campagne ou la mer, Paris la lumineuse comme Alger la blanche. Élève de Moreau, Marquet conquiert paisiblement cet art difficile qu’est la peinture au moment où celle-ci doit se chercher d’autres chemins, la photographie ayant pris en charge la restitution du réel. Pourtant, couleurs, cadrages, souci des lumières, des ombres, des reflets, Marquet peint comme on utiliserait un objectif.

vue_notre_dame
Albert Marquet, Vue de Notre Dame sous la neige vers 1928 Dépôt au Musée Carnavalet – Histoire de Paris Achat Ville de Paris, 1936 Musée Carnavalet / Roger-Viollet © Adagp, Paris 2016.

Le lien se fait, de complémentarité comme d’opposition, avec cette boite de Pandore que constitue la photographie naissante. Fausse simplicité que ces aplats polychromes qui prennent vie quand on se recule de la toile. La modernité apparaît, dans la représentation d’un pont, d’un port, l’industriel se faufile dans la capitale, Marquet le représente avec autant de poésie qu’un paysage de Normandie, n’hésitant pas à restituer plusieurs fois le même point de vue.

9190345f61b5b4d8da8da28544b07193
Albert Marquet (1875-1947), Persienne verte 1944-1946 Collection particulière Photo Jean-Louis Losi © Adagp, Paris 2016.

Redite ? Ou volonté de fouiller les impressions multiples et différentes ressenties à la vue d’un même panorama, jour après jour, année après année ? Peignant depuis sa fenêtre, Marquet observe le monde extérieur depuis son lieu intime, avec la quiétude d’un homme qui regarde le temps s’écouler. On se laisse porter par cet accord avec l’univers, ce calme, cette harmonie sobre et sincère.

Et plus si affinités
Pour plus d’informations sur l’exposition Albert Marquet – Peintre du temps suspendu, suivez ce lien :

http://www.mam.paris.fr/fr/expositions/exposition-albert-marquet-0

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.